mercredi 28 novembre 2018

NOUVEL EXTRAIT !

Bonsoir à tous,

Mon nouveau roman avance, lentement, mais sûrement. Je m'achemine vers la fin dont le tracé est bien en place dans mes pensées.
Il ne reste qu'à les mettre en mots et en écriture !
Le titre est presque décidé. J'y réfléchis encore et je vous le livre bientôt...
Seule la couverture reste encore floue. J'y pense et j'attends le déclic!

J'espère que ce nouvel extrait vous plaira et vous donnera envie d'en savoir plus, bientôt.

Bonne lecture.




— Amir revient?
C'est une question, car elle n'a pas la véritable notion du temps qui est passé depuis notre départ.
— Oui, il sera là dans deux jours.
— Deux? interroge - t - elle en avançant deux doigts de la main gauche qu'elle tend devant elle.
Armelle a commencé à lui apprendre à compter et les leçons ont bien porté. Je hoche la tête. Elle est contente de ma confirmation et commence à se trémousser de joie. Elle est sincèrement contente et je recommence à craindre le retour de cet enfant imprévisible qui est le mien.
Nous partons tôt dans la mâtinée et arrivons dans le petit village du restaurant de Cathy vers onze heures. Cela nous laisse le temps de discuter et pour Soraya, le loisir de s'amuser dans le jardin avec les animaux qu'elle adore et qui le lui rendent bien. Jim et Kit se dégourdissent les pattes lorsque nous nous promenons toutes les trois près du torrent, Soraya étant restée sous la surveillance de la serveuse. Cathy est déçue de ne pas nous garder quelques jours et nous fait promettre de revenir en vacances.
— Un peu de détente vous ferait du bien autant que moi, j'apprécierai votre compagnie. Je n'ai pas souvent l'occasion de voir des amis me rendre visite .
— Et ton copain, le muezzin?
—Lui, oui, je sais que je peux compter sur lui. Mais je me vois mal lui faire des confidences…féminines, répond - elle en riant.
Sous son apparence décontractée et ses grands éclats de rire et de voix, je sens une femme blessée par la vie, qui a besoin de parler, de se confier. Elle regarde des enfants qui jouent à s'éclabousser dans le cours d'eau avec nostalgie.
— Ils ont de la chance, mais ce n'est qu'éphémère. Qu'ils en profitent avant que la vie ne leur joue ses mauvais tours habituels.
Je la trouve encore plus pessimiste que moi, plus douloureuse. 
Sa tristesse s'efface aussi rapidement qu'elle est arrivée et son masque de femme dynamique, souriante revient vite. Elle nous propose, comme à des enfants, de faire la course pour retourner au restaurant et c'est, échevelées et essoufflées, que nous parvenons dans le petit jardin, joyeuses, devant le regard étonné de Soraya et des clients. Nous sommes redevenues les petites filles insouciantes que nous avons été il y a si longtemps et ça fait du bien. Ce sera certainement moins drôle, mais je décide que je vais me mettre à courir avec mes deux chiens lors de notre retour en ville. Cela nous sera profitable à tous les trois. 
Le repas, toujours succulent, est pris dans le brouhaha du restaurant rempli pour ce midi par un groupe de touristes espagnols.
— Les affaires marchent bien, fait remarquer Armelle.
— Je n'ai pas à me plaindre. On s'en sort bien. Cela va sans doute me permettre de prendre des vacances bientôt.
— Où comptes - tu aller?
Cathy nous regarde sans répondre quelques secondes.
— Loin, très loin. Peut - être en Inde!
— Vas - tu revenir? s'inquiète Armelle.
Elle sourit un peu mystérieuse et, souriante:
— Sans doute, à moins que je ne tombe sous le charme d'un beau maharadjah.
Nous éclatons de rire et tentons de décrire le beau maharadjah qui pourra la séduire.


 Grand, beau, ténébreux, tendre, jeune, généreux…
— Riche, avec une aigrette et des diamants. Je vous inviterai dans mon palais.
Les petites filles que nous sommes redevenues, commencent à rêver sous le regard surpris de Soraya qui nous demandent si elle pourra venir avec nous chez le beau monsieur. Nous la rassurons et lui promettons de l'emmener avec nous.
C'est sur cette note qu'on quitte Cathy qui nous laisse partir avec regret, avant de retourner s'occuper de ses bruyants visiteurs.





mardi 20 novembre 2018

LE BONHEUR QUAND IL EST LÀ !

Bonjour, mes amis!

Je vous propose un extrait de mon roman en cours dont le titre n'est pas complètement défini.
J'avais, dans un premier temps, pensé à un titre dont le pessimisme m'a finalement interpelée.
"Une vie échouée"
Au fur et à mesure que j'avançais dans l'écriture, un autre titre, totalement différent, complètement à l'opposé, s'est imposé:
"Le bonheur quand il est là"
Car, même dans le pire des cas, on arrive toujours à trouver des instants magiques et partagés.

Le fil rouge de mon histoire est tracé, mais j'ai toujours des digressions qui interviennent, des personnages qui s'invitent, des situations qui changent, tout en respectant la ligne directrice.

Voilà ce que je vous propose. ce n'est qu'un premier jet, relu rapidement, pas encore corrigé par ma correctrice préférée, Catherine, à qui je dois envoyer une version déjà relu et que je remercie infiniment pour sa patience, son objectivité et son affectueuse amitié. Si elle lit cette petite chronique, elle se reconnaîtra.
Je n'ai pas choisi une couverture et n'en ai qu'une vague idée. La photo que je vous suggère pour rendre mon extrait plus attractif n'est qu'une esquisse.
Je compte sur votre indulgence...et votre curiosité!
Merci à tous.

EXTRAIT 

LE BONHEUR QUAND IL EST LÀ


J'expédie ensuite rapidement le nettoyage de la cuisine, tout comme je ne m'attarde guère pour le ménage. Je profite de ces moments de vacances pour lire, maintenant que je sais, écouter de la musique et me promener. Je ne sors jamais seule, toujours  accompagnée de mon bébé et suivie comme une ombre par mes deux chiens.
Alors que nous marchons les pieds dans l'eau fraiche (je fais très attention car je ne sais pas nager et redoute les vagues pour moi comme pour mon bébé), Jasper et Jim s'ébrouent dans l'océan. Ils nagent, plongent et semblent heureux de leur liberté, tout en nous surveillant du coin de l'oeil. Je les vois aux aguets dès qu'un promeneur nous croise. La taille de Jasper et les aboiements de Jim ne tolèrent aucun étranger. Ils apprécient modérément l'intrusion de Paul qui, au bout de quelques jours, propose de nous accompagner. Ils restent méfiants et leurs jeux s'en trouvent moins expansifs, moins libres ai - je l'impression. Paul se contente de marcher à nos côtés tout d'abord, puis un jour il vient en maillot de bain et se baigne. Il propose de m'apprendre à nager mais ma crainte de l'eau est trop grande. Il prend Soraya dans ses bras et c'est presque avec terreur que je le vois s'avancer dans l'eau avec elle. Un peu surprise par la fraîcheur de l'eau, sous l'oeil vigilant de mes deux compagnons à quatre pattes qui les suivent avec méfiance, elle apprécie assez rapidement les vagues qui l'éclaboussent, rit quand Paul la fait sauter et éclate de joie quand il la trempe dans l'eau en la tenant solidement. Je suis presque jalouse de ce bonheur qui, normalement, m'est réservé. Ils sortent de l'eau tous les deux, Soraya agrippée au cou de Paul, heureuse, le corps ruisselant et criant ,"Encore, Jiji, encore Po". Il lui a appris son nom, simple à prononcer, et elle l'a rapidement mémorisé. Je me précipite vers elle et l'enveloppe dans une grande serviette de bain.
— Laisse - moi te sécher, mon amour. Tu vas prendre froid.
Elle se débat, pressée de retourner dans l'eau. Paul la prend doucement dans les bras et lui murmure quelque chose à l'oreille, que je n'entends pas, mais qui la calme aussitôt et déclenche un sourire rayonnant. Elle est conquise, tout comme Jim et Jasper, qui paraissent rassurés et heureux d'avoir trouvé un compagnon avec qui partager les joies de la mer. Je fais contre mauvaise fortune bon coeur et me joins à leur plaisir.
Ce jour - là, nous fîmes une longue promenade, Paul portant Soraya qui finit par s'endormir dans son cou. Pour une première fois depuis de longues années, je partage mes responsabilités avec quelqu'un. Un air de légèreté plane, j'apprécie le sable doux, l'eau rafraichissante, la chaleur du soleil dont le disque descend dans le ciel. Un moment magique, qui ne nécessite pas de paroles, sinon le bruit des vagues. Même les chiens trottinent calmement à nos côtés sur la plage déserte.
En arrivant dans la maison, Paul dépose délicatement Soraya endormie dans son lit. Il m'invite à partager son repas. 

J'espère que ce petit extrait vous a plu!
Je vous en promets d'autres très bientôt.

Merci pour votre disponibilité et votre indulgence pour la lecture de ce premier jet
Bonne lecture!



dimanche 21 octobre 2018

NOUS SOMMES TOUS DES DÉRACINÉS !

Bonjour à toutes et tous !
Il y a longtemps que je n'ai pas écrit dans le blog et j'espère que vous serez encore nombreux à me lire.
Il faudra que j'essaie d'avoir un suivi plus régulier... On a toujours de mauvaises raisons à avancer, aussi je ne vous les livrerai pas!

Si je reviens, c'est pour vous parler d'une lecture que j'aimerais vous faire partager.

Ce livre, et je remercie l'ami de Cabrera qui me l'a conseillé, qui a certes ses défauts (je les citerai rapidement), est prenant par le thème qu'il aborde, les sans-pays, par le récit poignant qui est conté, mais aussi parce qu'il a réveillé en moi des pages de ma vie.

Je suis moi-aussi une Déracinée et c'est une situation compliquée à vivre.
Certes, nous sommes tous des descendants d'immigrés, plus ou moins anciens. Mais la génération qui est entre deux mondes est celle qui souffre le plus, avec cette impression, plus que cela, cette sensation, de ne jamais être à sa place.

Je ne tiens pas à me faire plaindre, mais je ne suis nulle part chez moi et j'ai l'impression de fuir tout le temps, de chercher la Terre Promise en me demandant si ce n'est pas plutôt la Terre Improbable après laquelle je cours.
Mes parents, mes grands-parents étaient chez eux (même si politiquement la question est complexe). C'est une question qu'ils ne se sont pas posés leur vie durant, sans porter de jugement, je parle simplement de l'aspect humain.

Moi, je suis née, j'ai passé mon enfance, mon adolescence, ma vie de jeune adulte dans un pays que je considérais comme "chez moi", jusqu'au jour où j'ai compris que j'y étais une étrangère, qui a besoin d'une carte de séjour pour y vivre, qu'on regarde comme celle qui n'est ni d'ici ni de là-bas. Je reste partout l'étrangère, tout en ayant une nationalité, une langue, une culture peut-être, pas sûre!
Je pense que c'est plus psychologique que réel, mais c'est une déchirure que bien d'autres connaissent et qui est difficile à gérer!

Ce qui m'a amenée à cette confession est la lecture d'un livre, très bien écrit, un récit qui traverse le vingtième siècle et qui se déroule en partie dans une région que je connais bien pour y avoir vécu plusieurs années, la République Dominicaine, et plus particulièrement la région de Sosua sur la côte nord de l'île.
Il m'a renseignée plus précisément sur des brides d'histoire de cette ville dont j'avais entendu parler et qui possède encore aujourd'hui des traces humaines, économiques et architecturales de cette immigration.
J'y ai retrouvé des paysages, des caractéristiques, des sourires, des bons souvenirs et des moins bons... Mais ainsi va la vie !

Ce livre est disponible en téléchargement avec le lien suivant:

https://www.amazon.fr/D%C3%A9racin%C3%A9s-Catherine-BARDON/dp/2365693318/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1540136551&sr=8-1&keywords=les+d%C3%A9racin%C3%A9s+catherine+bardon

C'est un roman assez long, très bien écrit, parfois un peu perturbant par la succession de chapitres écrits soit à la première personne, soit comme un récit.
Si cette manière de faire peut surprendre au début, on comprend assez vite qu'il faut s'obliger à lire le titre de chaque chapitre pour en suivre l'histoire.

Le roman commence à Vienne et accompagne l'histoire d'un jeune couple de juifs autrichiens depuis l'entre-deux guerres jusqu'aux années soixante.
L'histoire d'amour entre eux est émouvante, saisissante, incroyablement forte et humaine.
Le récit de leur épopée à travers l'Europe et l'Amérique, pour aboutir dans une petite ville de la République Dominicaine, doit nous faire réfléchir sur le sort des migrants dont le "voyage" est imposé par les circonstances de la vie et d'une Histoire qui les dépasse et les balotte d'un bord à l'autre.
Bien comprendre que l'émigration n'est pas une croisière de plaisir!
Leur désarroi, leur dénuement mais aussi leurs espoirs, leur enthousiasme et leur courage sont des leçons que nous devrions reconnaître.
J'ai suivi avec passion leur histoire personnelle, partagé leurs craintes, leurs coups de coeur, leurs hésitations et compris leur déchirement entre leur monde d'origine et celui qui sera celui de leurs enfants.
Ils connaissent la peur, le bonheur, les difficultés, les deuils et affrontent l'adversité avec courage.
Une aventure qui est un roman mais qui s'est fondé sur des faits réels pour les transformer en un récit de vie.
L'écriture est précise, réaliste, sensible, parfumée !
Vous serez nombreux à vous reconnaître... et partager mon plaisir à la lecture de ce livre!
Bonne lecture...

mardi 24 juillet 2018

A vos liseuses et tablettes !

Bonjour,

Voilà, c'est fait !!!

MEURTRES AU MONASTÈRE

est en ligne et disponible incessamment en version papier!

Un petit extrait pour vous intriguer ...

"
La visite des bâtiments fut rapide, le religieux portant galamment la petite valise d'Isabelle. Le réfectoire avec les heures de repas, la bibliothèque, les douches et sanitaires et sa chambre. Il est vrai que le mot cellule convenait, encore que, comparée aux cellules monastiques d'antan, elle fut dotée d'un certain confort. Certes, pas de chauffage, mais une grosse couette et des couvertures. Après tout, on était au printemps malgré la fraîcheur des nuits. Un lavabo, un petit placard, une table et une chaise, et une fenêtre à barreaux, qui donnait sur le jardin et au loin, la vallée et la montagne dont les sommets se détachaient sur le bleu du ciel. Et surtout, le silence, à peine écorné par quelques bruits de chiens qui aboyaient, d'un âne qui bramait, d'oiseaux qui semblaient discuter et, dans le lointain, des hommes qui parlaient et dont on devinait les voix.
— Parfait, acquiesça-t-elle.
— Je vous laisse. Voici vos clés. Installez vous.
Il s'inclina légèrement et disparut dans un bruissement de bure car il portait l'habit monastique. Elle posa sa valise sur le lit, en sortit les quelques vêtements qu'elle y avait rangés, se félicitant de ne pas avoir oublié une veste de laine et un coupe-vent, et les disposa dans le petit placard où quelques cintres lui permirent de les défroisser un peu. Elle ne venait pas en représentation, mais elle tenait cependant à soigner son apparence. Le lit rapidement fait, elle regarda par la fenêtre et se perdit dans la contemplation du paysage et surtout dans le silence dont on n'a plus l'habitude dans le monde actuel. Elle qui était une fille de la mer, voilà qu'elle se mettait à apprécier la montagne, pour les lieux de paix qu'elle offrait encore, alors que les côtes maritimes, même les plus lointaines, étaient de plus en plus envahies. Trouver un authentique village de pêcheurs relevait en Europe de l'impossible. Les îles les plus lointaines succombaient aux appels du tourisme qui leur apportait le progrès, les soins et surtout cet indispensable argent dont le monde est friand. Une attitude normale pour des populations pauvres à qui la lucarne de la télévision faisait découvrir une vie totalement différente et qui paraissait tellement plus facile et meilleure. Elle savait que le progrès contribuait à ce changement inéluctable et normal. C'est ainsi que le monde a toujours avancé. Peut-on reprocher à des hommes et des femmes d'espérer une vie meilleure pour leurs enfants, l'accès aux soins, à l'éducation, aux basiques comme l'eau, la santé, la vie, en bref tout ce que nous connaissons depuis des décennies et qui nous parait tellement évident que nous ne nous posons même pas la question quand nous ouvrons le robinet, allumons la lumière ou nous faisons soigner. Nous n'acceptons pas, ou mal, la maladie, la mort de nos proches. Nous n'envisageons pas de manquer de nourriture, d'eau, d'un certain confort que nous considérons comme normal.
Isabelle ne croyait pas à la théorie du bon sauvage de Rousseau, de l'Eden perdu.
Qui ose évoquer les tribus Caraïbes sauvages qui massacraient avec allégresse et cruauté les peuples ennemis et plus faibles qui les détestaient et les craignaient ?
Qui parle encore des guerres fleuries des Aztèques qui, en fait, n'étaient que le moyen de se procurer, dans les tribus vaincues, des offrandes humaines destinées à leurs propres dieux ? Pourquoi cacher les tribus amazoniennes qui, de nos jours encore, pratiquent l'infanticide pour éliminer les enfants handicapés ou les membres considérés comme inutiles ou en surnombre ?
Le passé est rarement glorieux, des Croisades aux guerres de religion, des conquêtes à l'asservissement."


https://www.amazon.fr/MEURTRES-AU-MONAST%C3%88RE-DOMINIQUE-VIETTI-LETOILLE-ebook/dp/B07FRVKXYM/ref=sr_1_2?ie=UTF8&qid=1532446281&sr=8-2&keywords=meurtres+au+monast%C3%A8re


Je vous souhaite une bonne lecture et de bons moments...


lundi 16 juillet 2018

MEURTRES AU MONASTÈRE

Bonjour à toutes et tous!

Voilà longtemps que je ne vous avais plus écrit.
Je pourrais alléguer de nombreuses raisons, déménagement, problèmes, voyages, des faits agréables et d'autres moins... Bôf, la vie quoi!
Je viens de terminer l'écriture d'une nouvelle policière que je m'apprête à publier.
Je vous réserve la primeur de lecture de quelques passages.
Isabelle fait une retraite dans un monastère perdu dans une montagne désertique d'Afrique du Nord. Elle espère y trouver un peu de calme et une certaine paix. Mais des évènements imprévus l'en empêchent et la font, bon gré, mal gré, participer à une enquête policière où la noirceur des gens pourrait lui faire perdre tout espoir quant à la nature humaine. Mais des rencontres nouvelles lui redonnent un brin d'optimisme!
Bonne lecture de ce petit extrait...


"Elle se réveilla tôt. Pas un bruit ! Les autres pensionnaires devaient assister à l'office du matin et elle déjeuna dans le silence et la solitude. Un havre de paix qu'elle conserva lors de sa promenade matinale dans les jardins, toujours aussi accueillants et solitaires, hormis un gros chien roux qui dormait et ouvrit paresseusement les yeux quand elle passa près de lui. Il sembla la reconnaître de la veille et ne prit pas la peine d'aboyer, se contenter de se retourner pour profiter du soleil.
Une nouveauté pour elle que de n'avoir rien à faire, pas si évidente contrairement à ce qu'elle pouvait croire. Libre de son temps, pas d'agenda, de rendez – vous, d'obligations professionnelles ou familiales. Et comme un sentiment de culpabilité, le luxe du temps !
Elle s'imposa quelques exercices respiratoires, face aux montagnes légèrement enneigées, au ciel bleu et au jardin coloré, comme le conseillaient les adeptes de yoga, les revues de santé et les périodiques féminins... Finalement, cela se révéla efficace et, rassérénée, elle s'assit sur un banc à ne rien faire.
Mais il devait être écrit quelque part, où ?, qu'elle n'aurait pas droit à plus de tranquillité. Presque en paix avec elle-même, elle ferma les yeux, savourant la chaleur du soleil sur son visage tout en songeant de façon très matérielle, mais on ne se change pas si facilement, qu'elle avait oublié sa crème solaire, quand elle fut ramenée à la réalité par des voix qui rapidement se transformèrent en cris, puis en hurlements pathétiques.
Elle se leva brusquement et regarda autour d'elle. Un ouvrier qu'elle n'avait pas remarqué et qui travaillait un peu plus loin, lâcha sa brouette et se dirigea en courant vers l'endroit d'où semblait provenir le bruit. Elle le suivit et trouva, devant la petite chapelle, trois moines vociférant, l'un d'entre eux, à genoux, hurlant ce qui semblait être un véritable désespoir. Isabelle ne put s'empêcher de penser au hurlement à la mort du loup. Elle chassa bien vite cette idée et se précipita vers le jeune moine avec qui elle avait brièvement parlé la veille. Il gémissait comme un animal blessé. Elle le força à se lever et à s'assoir sur une chaise apportée par un jardinier. Il pleurait, parlait dans une langue qu'elle ne comprenait pas, une langue slave lui sembla – t – il. Son désespoir était presque angoissant, elle tenta de le rassurer, un peu comme on le fait avec un enfant. Il était si jeune. Dans les bras très maternels d'Isabelle, il se calma un peu et lui désigna de la main l'église devant laquelle les autres moines étaient rassemblés, pétrifiés, n'osant entrer dans l'édifice. Isabelle s'approcha d'eux et s'adressa à celui qui l'avait accueillie la veille.

—Mon père, que se passe – t -il?
—Un drame, Isabelle, un drame !
—Un drame ? Qu'y a – t – il dans l'église ?
—Le père Marie-Pierre !

Isabelle essaya de se remémorer qui était le père Marie – Pierre. En procédant par élimination et en regardant les moines rassemblés devant la porte, elle nota l'absence d'un religieux qu'elle avait remarqué la veille, bien qu'elle ne lui eût pas adressé la parole. Un homme d'un soixantaine d'années, grand, à la calvitie naissante et à la voix caverneuse qui dominait le choeur chantant pendant l'office. Elle avait également remarqué, près du siège qu'il occupait, une guitare qui semblait le désigner comme un musicien.
— Qu'est – il arrivé au père Marie – Pierre ?
Le moine baissa la voix pour lui annoncer doucement :
    Il est mort .
    —Mort ? Où ? Comment ?
    —Où ? Il est étendu devant l'autel, les bras en croix ! Comment ? Je n'en sais rien."


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mardi 27 mars 2018

UNE TERRIBLE VENGEANCE (extrait)

Encore un jour ...sans !

Même en me disant qu'il y a des millions de gens plus malheureux, avec plus de problèmes, le combat contre la dépression est difficile!

L'idée de considérer la mort comme une échappatoire est, paraît-il, normale ! Je ne sais pas...C'est parfois une pensée difficile à rejeter.

Tous les moyens alternatifs et médicaux n'ont que des résultats partiels.
Alors, je dois manque de courage définitif !

Certaines choses me calment , la nature, l'écriture, la lecture, courir avec mon chien...Oui, cela peut paraître dérisoire, mais c'est un des moyens les plus efficaces...

Pour oublier la morosité du monde, du ciel, les problèmes , j'essaie de vous faire partager un épisode

 d'UNE GRAND-MÈRE REDOUTABLE

que vous trouvez actuellement en version gratuite sur kobo.fr sous le titre

UNE TERRIBLE VENGEANCE

Bonne lecture.
A bientôt, j'espère...
Vos passages sur mes pages sont un véritable baume pour moi.
MERCI ...

Une brassée de bougainvilliers pour vous avant l'extrait de

UNE TERRIBLE VENGEANCE



Version Kobo d'UNE GRAND-MÈRE REDOUTABLE.

Bonne lecture !


Le samedi, elle se leva relativement tôt tandis que je paressai au lit, faisant semblant de dormir. Un rayon de soleil, faisant fi du rideau, éclairait la chambre. Je la regardais se lever, entrer dans la salle de bain. J’entendais l’eau qui coulait et tous les bruits qui peuvent accompagner la toilette d’une femme, des tiroirs qui s’ouvrent, se ferment, des objets qu’elle déplace ou utilise. J’avais l’impression d’entendre en musique de fond une chanson de Serge Lama, ou plutôt deux chansons, l’une qui  imagine une femme qui se pare et se prépare dans sa salle de bain pour en sortir en  toute beauté, mais surtout, lancinant, revenait en boucle le refrain "Je suis malade, parfaitement malade…" Sous mon apparent sommeil et mes yeux fermés, j’étais malade de la savoir partir bientôt pour toute la journée, avec des gens dont je soupçonnais l’hostilité. Mon côté rationnel tentait de me rassurer. Cette animosité n’était-elle pas le seul fruit de mon imagination, pour ne pas dire de ma jalousie ? En réalité, qu’avais-je à reprocher à ceux que je commençais à nommer "le trio infernal"? Rien de concret, sinon qu'ils existaient dans la vie de Fati qu'ils avaient connue avant moi. J’étais en train de me fabriquer mon propre enfer. Quelques lambeaux de mon cartésianisme passé, et quelques-uns de mes proches aussi,    essayaient de me mettre en garde, mais rien ne réussissait à me raisonner durablement. Véronique me connaissait bien, depuis longtemps et avait rapidement mis à jour ce sentiment de jalousie quasi maladive. Elle en avait d’abord été étonnée, n’y ayant jamais été confrontée durant notre relation. Elle m’avait même reproché cette espèce d’indifférence qui finit par affecter nos rapports et qu’elle appelait un « désamour ». Je lui avais expliqué que ma volonté de liberté s’appliquait aussi à elle, même si je l’aimais, et que je m’en serais voulu de me comporter en propriétaire avec elle. Cela venait sûrement de mon éducation. J’avais été élevé par des parents qu’on pourrait qualifier d’intellectuels, qui avaient toujours eu un grand respect de la liberté de l’autre et de la mienne aussi. Une liberté qui n’était pas de l’indifférence mais au contraire une preuve d’amour et de confiance, qui ne les empêchait pas de se soucier de moi, mais qui les avait toujours poussés à comprendre, à discuter avec moi. À cela, s’ajoutait l’influence d’une de mes grands-mères qui, catholique très pratiquante, m’avait enseigné, lors de mes séjours de vacances dans sa vieille maison, la tolérance, l ‘acceptation de l’autre dans sa différence. Ces leçons anciennes m’avaient toujours imprégné…jusque-là. Avec Fati, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Véronique, dont la formation de psychologue la poussait à analyser et à mettre un nom sur tous les phénomènes humains, m’éclaira sans pour autant me rassurer.
— Ce qui t’arrive s’appelle la passion.
— La passion ? 
— C’est un phénomène souvent irrationnel, qui emplit la vie qu’elle peut  sublimer ou détruire. Tu as toutes sortes de passions, religieuses avec les grands personnages religieux passionnés tels Saint François d’Assise ou Sainte Thérèse d’Avila, par exemple. Artistiques, Michel-Ange ou Baudelaire. Intellectuelles aussi, Freud ou Newton. Et puis les passions amoureuses, Héloïse et Abélard, Roméo et Juliette, Paul et Virginie, Adèle H. et Rodin…Je ne te cite que les plus célèbres, mais il y en a de moins connues et souvent, tout aussi tragiques. Les faits-divers y trouvent bien des fois leur source. La passion est souvent dévoreuse, surtout quand elle n’est le fait que de l’un. Il est difficile de vivre avec un passionné, que l’on soit ou pas l’objet de la passion, car elle consume, le passionné comme son entourage qui s’y brûle souvent…Avant de fuir parfois, pour son salut …Ou de se soumettre.

vendredi 16 mars 2018

TOUJOURS EN COLÈRE !

Bonjour à vous tous !
Je vais partager mon article en deux parties :
-l'expression de ma (toujours) colère
-un deuxième extrait de mon livre en cours!

SUITE TELENOVELA INMOBILIARIA !!!!
Ça, c'est chez moi, dans cette fameuse maison achetée pour notre retraite et que nous devons vendre pour regagner l'Europe à cause de problèmes de santé de mon époux.

Ma foi, cela arrive.

Mais voilà, Century 21 de Sosua en Rque Dominicaine nous a vendu, avec de grands sourires bien sûr, une maison avec un titre de propriété erroné (mauvais numéro de parcelle) et qui, de plus, n'est pas un titre de propriété légal, mais simplement un enregistrement légal de vente intitulé "Constancia de titulo de propiedad"...Même en étant hispanophone, c'est trompeur!

...Et oui, quand on est de gentils gringos qui faisons confiance à une agence à enseigne internationale et à un notaire parlant parfaitement français, à la réputation (apparente) d'intégrité , issu d'une des plus puissantes familles de la région, avec pignon sur rue, voilà comment, disons-le, on se fait escroquer.

Là où le bât blesse, c'est que l'état dominicain, voulant éviter ce genre de problèmes, avait changé la loi quelque deux ans avant notre achat et imposé aux vendeurs la remise aux acheteurs d'un titre de propriété vérifié et légal. Mais notre charmant notaire "avait négligé" ! Comme il nous l'a élégamment dit, avec un grand sourire (il sourit moins actuellement):
"Je suis responsable mais pas coupable"...

Je ne connaissais pas ce principe !. J'ai vu des jugements de coupables déclarés irresponsables....mais pas le contraire. J'ignorais... On en apprend tous les jours!

Notre maison n'est donc pas vendable, mais elle ne l'était pas non plus quand l'agence nous l'a vendue, en dépit des garanties indiquées sur le mandat de vente (biens vérifiés conformes) et l'acte de vente (vérifications soit-disant faites par le notaire).

Le pire est que le notaire, Maître Guido Perdomo pour le citer, est très en colère après moi !
D'abord, je publie l'affaire sur Face-Book et mon blog. Ensuite je prends un avocat et enfin je lui demande une solution rapide et juste, c'est à dire le remboursement de notre achat (j'y ajoute les nombreux travaux effectués et les dommages et intérêts).
Mais, m'écrit-il, on ne peut pas discuter avec vous ! De quoi ? Puisqu'il ne fait rien ou pas grand-chose!

Depuis le temps que cela dure, face à sa mauvaise volonté, sa mauvaise foi et sa proposition tarabiscotée d'échanges de terrains ( il me rassure , je n'aurais rien à payer !!! Il est généreux, mon notaire...), je ne suis plus d'humeur à tergiverser.

Nous déposons plainte et irons jusqu'en justice si nécessaire.
Le pot de fer contre le pot de terre.
Je ne suis pas la représentante d'une famille puissante et millionnaire! Je suis juste une étrangère qui voulait vivre en symbiose dans une île des Caraïbes, charmante par bien des aspects, difficile par d'autres.
Aujourd'hui, des pb de santé importants nous imposent une retour urgent en Europe et nous n'avons pas les moyens de perdre une maison à cause du mauvais travail d'une agence et de son notaire.

Attendons la suite de la telenovela...




Comme promis, un petit extrait de mon roman en cours qui va vous faire voyager derrière un fabuleux héritage du XIXème siècle italien au XXIème siècle monégasque... Il devrait être terminé à la fin du mois. S'il y a des béta-lecteurs potentiels....

UNE OMBRE AU PROGRAMME (extrait)


Céline et Claire, assises dans le taxi qui les ramène chez Claire ( car après une telle nouvelle, Claire a décidé qu'elle peut le payer ! ) restent d'abord muettes, comme assommées par les révélations de Bruno Lamberet. Céline est la première à prendre la parole :
—Cette vieille, originale et richissime cousine, en as – tu déjà entendu parler dans tes recherches généalogiques ?
—Non, pas vraiment. Je sais que certains membres de la famille Prietti ont émigré vers l'Amérique du Sud, comme de nombreux Italiens. Quand je cherche le nom sur internet, je trouve le nom un peu partout dans le monde, Italie bien sûr, France, États – Unis, Brésil, Uruguay, Argentine et jusqu'en Polynésie... Je vais rechercher plus en détails. Mais il ne nous a pas donné le prénom de cette vieille parente !
— C'est vrai ! Peut – être en recherchant Prietti associé à Argentine ou Monaco ou fortune.
— En effet, je vais m'y mettre de suite. Tu restes avec moi ce soir ?
— J'aimerais bien, mais j'ai rendez – vous avec mon charmant voisin. De plus, je ne veux pas laisser Billy trop longtemps seul.
Claire sourit, hésitant entre le beau voisin et le petit épagneul ! Peut – être les deux.
— Tu me rappelles demain, continue Céline, pour me tenir au courant. Te rends – tu compte que je suis peut – être la cousine d'une des femmes les plus riches du monde ?
— Arrête de te moquer. Je ne crois pas trop à cette histoire. Je me demande plutôt ce que cela peut bien cacher.
— Ton éternelle méfiance ! Mais on peut gagner au loto, également.
— Une chance sur quelques millions.
— Oui, mais une chance tout de même !
Claire ne répond pas car le chauffeur s'est arrêté devant son immeuble. Elle embrasse rapidement sa cousine avant de descendre du véhicule.
— Bonne soirée. N'oublie pas de me rappeler demain. À moins que tu ne puisses passer me voir ?
— Je ne te promets rien, mais j'essaierai. Ne reste toute la nuit sur ton ordi.
Claire rejoint rapidement l'entrée de son immeuble alors que le taxi s'éloigne rapidement.
Depuis l'incident de la fuite de gaz, Claire entre toujours chez elle avec une certaine appréhension. Elle pense que c'est ridicule, mais ne maîtrise pas vraiment ce sentiment. Elle pousse sa porte d'entrée, si lourde, et renifle tout en regardant à l'intérieur. Après quelques secondes, elle pénètre franchement et appuie sur l'interrupteur. Tout est normal, l'appartement est dans le même état que lorsqu'elle l'a quitté. Rien ne semble avoir bougé. Les reliefs du repas partagés avec Céline sont toujours sur la table. Elle les débarrasse, met le lave-vaisselle en marche et branche la bouilloire pour se préparer un thé. Pendant qu'elle ronronne, elle ouvre son ordinateur. Plusieurs messages nouveaux sont signalés dans sa boîte mail. Elle les parcourt rapidement, des messages anodins de publicité, un message de sa mère qui lui rappelle qu'elle est « toujours là et sans nouvelles depuis deux jours », ce qui arrache à Claire un soupir et un sourire, un message de Marc, son futur-ex-mari, qui lui souhaite un bon week-end et lui demande à quelle heure il peut ramener Séraphine dimanche soir. Peut-être, pourraient – ils manger ensemble, ce que Claire refuse systématiquement depuis plusieurs mois, « pour parler de leur divorce », ajoute – t – il, pour la tenter, pense – t – elle. Elle lui répondra plus tard. Il y a également un mail de Bruno Lamberet. Elle l'ouvre avec curiosité, d'autant plus qu'il est assez long.
Il la remercie d'être venue à son rendez – vous, « avec une excellente conseillère », précise – t – il, ce qui, espère – t – il, la rassure sur le sérieux de leur affaire. Il lui donne un lien sur internet, afin qu'elle puisse voir l'étendue de la richesse de cette vieille cousine dont elle est l'héritière. Claire clique et se retrouve sur une description en anglais et en espagnol, d'un holding qui paraît très complexe et pour lequel les sommes annoncées en dollars lui paraissent astronomiques. Il lui semble irréaliste de penser qu'elle est vraiment la future - propriétaire de cette immense fortune.
Elle se lance dans des recherches généalogiques sur internet, mais avec le seul nom de famille, elle se trouve face à des milliers de réponses, de tous les coins du monde. Le fait de ne pas connaître le prénom de cette prétendue richissime aïeule la prive de résultats précis. Elle examine un arbre généalogique aux multiples branches qui la laissent dubitative. Si l'origine reste en effet toujours italienne, elle le sait depuis toujours, la dispersion de la famille Prietti lui fait presque penser à la mondialisation de l'entreprise où elle travaille. Une véritable internationale, avec des ramifications sur les cinq continents et dans des dizaines de pays. Elle trouve deux groupes familiaux sur Facebook qui recensent tous les Prietti qui veulent se faire connaître, elle parcourt un livre téléchargé sur le net détaillant l'origine, toujours cette même région du nord de l'Italie, les émigrations, surtout américaines, ce qui lui permet de trouver des petits cousins au Brésil, comme aux États – Unis, en Argentine comme en Uruguay, exerçant toutes sortes de professions, routiers ou professeurs, médecins ou militaires, commerçants ou entrepreneurs. Rien qui mentionne une richissime femme d'affaires. Il est vrai que, dans certains milieux, la discrétion est de mise.
Elle ferme son ordinateur alors qu'il est plus de minuit et que, perdue dans ses recherches, elle n'a même pas pensé à dîner, ni même à répondre à sa mère et à Marc. Un nouveau message de Céline apparaît avant que l'appareil ne s'éteigne.
—Coucou, alors où en es – tu de tes recherches ? J'ai passé une très bonne journée et...une super soirée. Je vais dormir. Je t'appelle demain.
Claire sourit en évoquant la belle soirée de sa cousine qui ne doit pas être sans rapport avec son beau voisin. Elle a dû le renvoyer chez lui, comme elle a coutume de le faire, prétextant son lit trop petit pour dormir à deux !
Le sommeil de Claire est si agité qu'elle se réveille plusieurs fois, rêvant d'une ombre noire qui tourne autour d'elle en sautant, toutes griffes dehors, la menaçant, tirant ses cheveux si brutalement qu'elle se réveille. Elle est épuisée par ces visions qui l'empêchent de dormir et se décide à prendre un somnifère qui lui a été prescrit par son médecin il y a quelques mois, en pleine période de surmenage au travail. Elle tombe finalement dans un sommeil lourd dont elle n’émerge que le dimanche matin, réveillée par la vibration de son téléphone sur la table du salon. Elle décroche face un numéro inconnu et répond d'une voix ensommeillée.
— Je vous réveille ? Je suis désolé. Bruno Lamberet à l'appareil !
— Non, non, ça va ! Que se passe – t – il ?
— J'ai oublié de vous préciser hier que votre vieille cousine est décédée en décembre 2007.
—Et alors ?
— L'héritage doit être conclu avant le dixième anniversaire de sa disparition, c'est à dire avant la fin de l'année.
— Il nous reste presque deux mois.
—En effet. Mais les vérifications doivent être faites par les dirigeants à qui vous devez vous présenter. Enfin, nous vous les présenterons. Pourrez – vous prendre des dispositions pour vous libérer ?
— Je vais essayer. Nous attendons la visite importante d'un dirigeant.
— C'est idiot finalement ce que je vous demande. Vous êtes la propriétaire effective de votre boîte.
— Ça, ce n'est encore que de la théorie. Je ne vais pas risquer de perdre mon emploi …
— Vous allez procéder à votre propre renvoi ? Non, je plaisante. Je comprends qu'une telle nouvelle demande réflexion. Mais il faudrait pouvoir commencer les démarches d'ici une dizaine de jours.
— En quoi consistent ces démarches ?
— Vous devez vous rendre aux différents sièges du holding car ils sont assez dispersés. Monaco, tout d'abord, où se trouve le dernier domicile de votre parente. Cela vous permettra d'en constater la réalité. Elle est parfaitement entretenue depuis la disparition de la vieille dame. C'est une goutte d'eau par rapport à sa fortune qui génère d'autant plus de bénéfices que personne ne les dépense depuis bientôt dix ans. Il en est de même pour ses autres domiciles. Elle avait racheté une grande partie de son village d'origine qu'elle aidait beaucoup. Il y a d'ailleurs une rente qui est prévue pour le village dans son testament. Ses parents y sont enterrés. Elle a obtenu je ne sais comment l'autorisation d'être enterrée, après incinération, dans le parc de sa maison monégasque, auprès de ses chiens.
— Et ses enfants ?
— Son fils est enterré dans un cimetière américain en France et sa fille dans le cimetière religieux du couvent où elle s'était réfugiée. Son frère, qu'elle adorait en dépit de ses errances, est également dans le cimetière italien auprès de ses parents.
— Tout cela est bien compliqué. Devrai – je aussi faire le tour des cimetières familiaux ? Je peux vous paraître sarcastique, mais j'ai du mal à assimiler, et même à croire, toutes ces nouvelles que vous m'assénez depuis hier.
— Je comprends.Il faut un temps pour réaliser cette situation assez extraordinaire, mais plutôt réjouissante.
— Sans doute, mais cela bouleverse ma vie, et certainement celles de mon entourage.
— À qui en avez – vous parlé, en dehors de votre cousine qui était présente lors de l'annonce ?
— Depuis hier, à personne. Je vous avouerai que j'ai passé une grande partie de la soirée et même de la nuit à faire des recherches sur cette intrigante arrière-cousine dont vous ne m'avez pas donné le prénom, d'ailleurs.
Claire attend une réponse qui ne vient pas et se demande la raison de cette volonté évidente de passer son silence le prénom de celle dont elle est censée hériter une fortune. Pour l'empêcher de prendre des renseignements plus précis ? Il faudra bien qu'elle en connaisse l'identité complète .
— Pensez – vous pouvoir entreprendre les voyages dont je viens de vous parler ?
— En dehors de Monaco, dans les Caraïbes...
— Car il y a aussi des sociétés off-shore !
Un rire répondit à sa réflexion.
— Nous devons nous rendre aux États – Unis, dans le Delaware...
— Où, bien évidemment, comme de nombreuses sociétés, il y a un siège social, profitant de la générosité fiscale de l'état.
— Je ne vous apprends rien ! plaisanta – t – il. Votre vieille cousine était très au fait de l'optimisation fiscale. C'était un vrai génie de la finance avec un sens des affaires extraordinaire.
— Quel paradis fiscal, doit – on encore visiter ?
— il vous faudra aller en Argentine où cette branche de votre famille s'était établie au début du siècle.
— Comme des millions d'Italiens ! Presque la moitié de la population argentine actuelle est d'origine italienne.
— Certes, mais tous ne sont pas multi-millionnaires, que je sache.
— C'est la misère qui les a chassés d'Europe et la réussite sociale et financière était leur préoccupation première.Enfin, ils voulaient vivre mieux, manger à leur faim, avoir un avenir.
— Cela est l'histoire de la majorité des grands mouvements migratoires, avoir une vie meilleure. Cela ne répond pas à ma question . Quand pouvez – vous partir pour ce périple qui risque de prendre trois ou quatre semaines. Dans chaque pays, vous aurez à vous présenter à des conseils d'administration, à des hommes de loi, à des dirigeants d'entreprises.
— C'est un grand oral ?
— Non, leur choix est déjà arrêté. Vous êtes l'héritière, à moins que vous ne refusiez ou ne vous présentiez trop tard, c'est à dire après le 31 décembre de cette année.
— Comment ont – ils pu me choisir ? Je ne connais personne de ces dirigeants.
— Ils ont mené leur enquête.
— Une enquête sur moi ?
— Ils en ont les moyens, évidemment. Nous vous avons retrouvée, quand je dis nous, je parle de notre entreprise de généalogie, il y a quelques mois. En fait, il y avait deux héritières potentielles, votre mère et vous.
— Vous avez enquêté sur maman et moi ?
— Non, pas nous. Nous vous avons retrouvées et avons donné nos résultats aux dirigeants qui avaient diligenté ces recherches. Ils ont chargé une agence (ou plusieurs, je ne sais pas) de détectives qui ont enquêté.
— Cette enquête a duré longtemps ?
— Quelques mois, je pense. À la vue des résultats, il a été décidé que vous seule étiez apte à prendre en mains cet héritage.
— Mais pourquoi pas maman ?
— Si mes renseignements sont exacts, ils l'ont trouvée trop malléable, oui c'est le mot qu'ils ont employé, pas assez solide, pour gérer cette énorme entreprise. Vos études, votre sérieux leur ont plu. N'oubliez pas qu'ils ont votre portrait professionnel par l'intermédiaire de votre travail. Je sais, c'est une situation paradoxale, je dirais presque bizarre.
— Qui est au courant ?
— Personne au niveau où vous travaillez. Peut – être le dirigeant qui vient inspecter la branche française ! Mais je n'en suis pas sûr. C'est une décision qui ne concerne que les instances dirigeantes au plus haut niveau.
Céline se tait quelques secondes.
— En bref, il faut que je demande un mois de vacances, qui me seront accordées, vous en êtes certain. Peut – être puis – je prendre un congé sans solde pour permettre à ma future entreprise de faire des économies ?
— Vous voyez, déjà le réflexe du chef d'entreprise, rit son interlocuteur.
— Petite question bassement matérielle, qui va payer tous ces voyages ? Et avec qui, vais – je les entreprendre ?
— Très simple : votre entreprise prend évidemment tout en charge, en fait, c'est comme si vous payez vos propres déplacements. Quant à l'accompagnateur, c'est moi.
— Vous ?  Pourquoi donc ?
— Pourquoi pas moi ? Je vous déplais tant que ça ?
— Non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais vous êtes simplement le responsable des recherches généalogiques.
— Qui vous a retrouvée. Ce n'était pas gagné d'avance. Notre commission sur ce genre d'héritage est, vous le supposez, importante, suffisamment conséquente pour je mène cette affaire jusqu'au bout.
— C'est à dire jusqu'à réception de votre commission !
— Tout à fait. Ce n'est que lorsque je vous aurai présentée aux décideurs que je pourrai prétendre à mon chèque.
— Votre gros chèque, précise Claire avec une certaine curiosité.
— Moins que la fortune qui vous attend.
— Puis – je avoir un accompagnant ?
— Je pense que cela peut s'arranger. Vous songez à votre cousine ?
— Je ne sais pas si elle sera disponible. Peut-être ferai – je appel à un ami dans la finance ou à mon père.
— Réfléchissez vite.
— D'accord, j'entreprends ce périple. Après tout, je ne risque rien et le jeu semble en valoir la chandelle. Mais, je ne sais pas encore par qui je serai accompagnée.
— J'organise tout cela. Je vous recontacte, mais fixons le départ dans dix jours. Si vous avez une quelconque question, contactez – moi, par mail ou par téléphone. N'hésitez pas, je reste à votre disposition.