mardi 24 juillet 2018

A vos liseuses et tablettes !

Bonjour,

Voilà, c'est fait !!!

MEURTRES AU MONASTÈRE

est en ligne et disponible incessamment en version papier!

Un petit extrait pour vous intriguer ...

"
La visite des bâtiments fut rapide, le religieux portant galamment la petite valise d'Isabelle. Le réfectoire avec les heures de repas, la bibliothèque, les douches et sanitaires et sa chambre. Il est vrai que le mot cellule convenait, encore que, comparée aux cellules monastiques d'antan, elle fut dotée d'un certain confort. Certes, pas de chauffage, mais une grosse couette et des couvertures. Après tout, on était au printemps malgré la fraîcheur des nuits. Un lavabo, un petit placard, une table et une chaise, et une fenêtre à barreaux, qui donnait sur le jardin et au loin, la vallée et la montagne dont les sommets se détachaient sur le bleu du ciel. Et surtout, le silence, à peine écorné par quelques bruits de chiens qui aboyaient, d'un âne qui bramait, d'oiseaux qui semblaient discuter et, dans le lointain, des hommes qui parlaient et dont on devinait les voix.
— Parfait, acquiesça-t-elle.
— Je vous laisse. Voici vos clés. Installez vous.
Il s'inclina légèrement et disparut dans un bruissement de bure car il portait l'habit monastique. Elle posa sa valise sur le lit, en sortit les quelques vêtements qu'elle y avait rangés, se félicitant de ne pas avoir oublié une veste de laine et un coupe-vent, et les disposa dans le petit placard où quelques cintres lui permirent de les défroisser un peu. Elle ne venait pas en représentation, mais elle tenait cependant à soigner son apparence. Le lit rapidement fait, elle regarda par la fenêtre et se perdit dans la contemplation du paysage et surtout dans le silence dont on n'a plus l'habitude dans le monde actuel. Elle qui était une fille de la mer, voilà qu'elle se mettait à apprécier la montagne, pour les lieux de paix qu'elle offrait encore, alors que les côtes maritimes, même les plus lointaines, étaient de plus en plus envahies. Trouver un authentique village de pêcheurs relevait en Europe de l'impossible. Les îles les plus lointaines succombaient aux appels du tourisme qui leur apportait le progrès, les soins et surtout cet indispensable argent dont le monde est friand. Une attitude normale pour des populations pauvres à qui la lucarne de la télévision faisait découvrir une vie totalement différente et qui paraissait tellement plus facile et meilleure. Elle savait que le progrès contribuait à ce changement inéluctable et normal. C'est ainsi que le monde a toujours avancé. Peut-on reprocher à des hommes et des femmes d'espérer une vie meilleure pour leurs enfants, l'accès aux soins, à l'éducation, aux basiques comme l'eau, la santé, la vie, en bref tout ce que nous connaissons depuis des décennies et qui nous parait tellement évident que nous ne nous posons même pas la question quand nous ouvrons le robinet, allumons la lumière ou nous faisons soigner. Nous n'acceptons pas, ou mal, la maladie, la mort de nos proches. Nous n'envisageons pas de manquer de nourriture, d'eau, d'un certain confort que nous considérons comme normal.
Isabelle ne croyait pas à la théorie du bon sauvage de Rousseau, de l'Eden perdu.
Qui ose évoquer les tribus Caraïbes sauvages qui massacraient avec allégresse et cruauté les peuples ennemis et plus faibles qui les détestaient et les craignaient ?
Qui parle encore des guerres fleuries des Aztèques qui, en fait, n'étaient que le moyen de se procurer, dans les tribus vaincues, des offrandes humaines destinées à leurs propres dieux ? Pourquoi cacher les tribus amazoniennes qui, de nos jours encore, pratiquent l'infanticide pour éliminer les enfants handicapés ou les membres considérés comme inutiles ou en surnombre ?
Le passé est rarement glorieux, des Croisades aux guerres de religion, des conquêtes à l'asservissement."


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Je vous souhaite une bonne lecture et de bons moments...


lundi 16 juillet 2018

MEURTRES AU MONASTÈRE

Bonjour à toutes et tous!

Voilà longtemps que je ne vous avais plus écrit.
Je pourrais alléguer de nombreuses raisons, déménagement, problèmes, voyages, des faits agréables et d'autres moins... Bôf, la vie quoi!
Je viens de terminer l'écriture d'une nouvelle policière que je m'apprête à publier.
Je vous réserve la primeur de lecture de quelques passages.
Isabelle fait une retraite dans un monastère perdu dans une montagne désertique d'Afrique du Nord. Elle espère y trouver un peu de calme et une certaine paix. Mais des évènements imprévus l'en empêchent et la font, bon gré, mal gré, participer à une enquête policière où la noirceur des gens pourrait lui faire perdre tout espoir quant à la nature humaine. Mais des rencontres nouvelles lui redonnent un brin d'optimisme!
Bonne lecture de ce petit extrait...


"Elle se réveilla tôt. Pas un bruit ! Les autres pensionnaires devaient assister à l'office du matin et elle déjeuna dans le silence et la solitude. Un havre de paix qu'elle conserva lors de sa promenade matinale dans les jardins, toujours aussi accueillants et solitaires, hormis un gros chien roux qui dormait et ouvrit paresseusement les yeux quand elle passa près de lui. Il sembla la reconnaître de la veille et ne prit pas la peine d'aboyer, se contenter de se retourner pour profiter du soleil.
Une nouveauté pour elle que de n'avoir rien à faire, pas si évidente contrairement à ce qu'elle pouvait croire. Libre de son temps, pas d'agenda, de rendez – vous, d'obligations professionnelles ou familiales. Et comme un sentiment de culpabilité, le luxe du temps !
Elle s'imposa quelques exercices respiratoires, face aux montagnes légèrement enneigées, au ciel bleu et au jardin coloré, comme le conseillaient les adeptes de yoga, les revues de santé et les périodiques féminins... Finalement, cela se révéla efficace et, rassérénée, elle s'assit sur un banc à ne rien faire.
Mais il devait être écrit quelque part, où ?, qu'elle n'aurait pas droit à plus de tranquillité. Presque en paix avec elle-même, elle ferma les yeux, savourant la chaleur du soleil sur son visage tout en songeant de façon très matérielle, mais on ne se change pas si facilement, qu'elle avait oublié sa crème solaire, quand elle fut ramenée à la réalité par des voix qui rapidement se transformèrent en cris, puis en hurlements pathétiques.
Elle se leva brusquement et regarda autour d'elle. Un ouvrier qu'elle n'avait pas remarqué et qui travaillait un peu plus loin, lâcha sa brouette et se dirigea en courant vers l'endroit d'où semblait provenir le bruit. Elle le suivit et trouva, devant la petite chapelle, trois moines vociférant, l'un d'entre eux, à genoux, hurlant ce qui semblait être un véritable désespoir. Isabelle ne put s'empêcher de penser au hurlement à la mort du loup. Elle chassa bien vite cette idée et se précipita vers le jeune moine avec qui elle avait brièvement parlé la veille. Il gémissait comme un animal blessé. Elle le força à se lever et à s'assoir sur une chaise apportée par un jardinier. Il pleurait, parlait dans une langue qu'elle ne comprenait pas, une langue slave lui sembla – t – il. Son désespoir était presque angoissant, elle tenta de le rassurer, un peu comme on le fait avec un enfant. Il était si jeune. Dans les bras très maternels d'Isabelle, il se calma un peu et lui désigna de la main l'église devant laquelle les autres moines étaient rassemblés, pétrifiés, n'osant entrer dans l'édifice. Isabelle s'approcha d'eux et s'adressa à celui qui l'avait accueillie la veille.

—Mon père, que se passe – t -il?
—Un drame, Isabelle, un drame !
—Un drame ? Qu'y a – t – il dans l'église ?
—Le père Marie-Pierre !

Isabelle essaya de se remémorer qui était le père Marie – Pierre. En procédant par élimination et en regardant les moines rassemblés devant la porte, elle nota l'absence d'un religieux qu'elle avait remarqué la veille, bien qu'elle ne lui eût pas adressé la parole. Un homme d'un soixantaine d'années, grand, à la calvitie naissante et à la voix caverneuse qui dominait le choeur chantant pendant l'office. Elle avait également remarqué, près du siège qu'il occupait, une guitare qui semblait le désigner comme un musicien.
— Qu'est – il arrivé au père Marie – Pierre ?
Le moine baissa la voix pour lui annoncer doucement :
    Il est mort .
    —Mort ? Où ? Comment ?
    —Où ? Il est étendu devant l'autel, les bras en croix ! Comment ? Je n'en sais rien."


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