lundi 21 août 2023

Un extrait de 

SORAYA

pour vous donner envie de le lire


 La vie est dure sans Grand-mère. Je m’ennuie alors que j’ai de plus en plus de travail à la maison. J’apprends à cuisiner, à coudre, mais aussi à ne plus parler, à ne plus sourire. Mon grand frère va à l’école, pas moi : je suis trop jeune, et surtout, je suis une fille. Ma belle-mère, qui ne sait ni lire ni écrire, ne voit pas l’utilité pour moi d’aller à l’école. Papa insiste bien, mais il n’a plus le soutien de sa mère pour résister et se réfugie dans le silence, restant aux champs le plus longtemps possible, y partant très tôt le matin, rentrant tard le soir. Mon frère me fait remarquer qu’il a recommencé à dormir dans le même lit que sa femme.

— Bientôt, elle va encore se retrouver enceinte. Cela va être encore le cirque, tu verras.

Moi, je pense que ce serait plutôt bien, un petit bébé dans la maison. La vie sera moins triste et tout pourra recommencer, un peu, même sans Grand-mère. J’ai toujours aimé les bébés.

— Tu ne comprends rien. Elle va essayer de se débarrasser de nous.

— Papa nous aime. Il nous défendra.

— Elle est plus maligne qu’il n’y paraît. Et papa est faible. Il recherche la paix et la tranquillité. Il a connu trop de malheurs et préfère laisser faire.

Je proteste vigoureusement.

— Papa nous aime, comme maman et Grand-mère nous aimaient. Il nous protègera et, j'en suis sûre, n’acceptera pas qu’elle nous fasse du mal.

—Il ne se rendra pas compte. Elle le persuadera d'agir pour notre bien.

Les prévisions pessimistes de mon frère vont très vite s’avérer réelles : notre belle-mère est enceinte. Dès le début de sa grossesse, elle nous avertit qu’elle doit se reposer, ce qui signifie qu’elle ne fait plus rien, passant la journée allongée, à nous donner des ordres. Parfois, elle empêche mon frère d’aller à l’école, prétextant qu’elle a besoin de lui à la maison. C’est avec beaucoup de mauvaise grâce qu’il se plie à ses ordres. Il s’en plaint à papa qui excuse sa femme et parfois l’envoie tout de même à l’école. Pour moi, pas de problème semblable puisque je ne vais pas à l’école. Je nettoie, je cuisine, je lave, je vais chercher l’eau, j’obéis. Elle est loin, l’insouciance de ma petite enfance, et je n’ai que huit ans !  Plus le ventre de ma belle-mère s’arrondit, plus elle devient autoritaire.

— Despotique, dit mon frère, qui a appris le mot dans son livre d’école. 

Il m’explique ce que cela signifie et je comprends vite le sens de ce mot que j’aurai l’occasion de subir si souvent durant ma vie. 

Alors que le terme de sa grossesse approche, elle commence à nous regarder bizarrement, c’est du moins l’impression que nous avons.

— Faisons attention, elle nous prépare quelque chose, m’avertit mon frère. Je le sens. Mais quoi ?

De longs conciliabules ont lieu avec sa mère et les femmes de sa famille qui se taisent quand nous approchons. Mon frère essaie d’en parler à mon père qui nous assure qu’il n’en est rien, que c’est simplement son état qui la rend irascible, qu’elle a encore le souvenir traumatisant de la mort des bébés. Il promet de se montrer vigilant et garantit qu’il nous aime et nous protégera dans toutes les circonstances.

Je surprends un jour, c’est à cette époque que j’ai appris à écouter aux portes, à m’approcher sans bruit, et là, j’entends l’expression « enfants porte-malheur ». Je comprends qu’il s’agit de nous. Toutes ces bonnes femmes superstitieuses sont persuadées que nous sommes responsables de la fausse-couche de notre belle-mère. Il est toujours tellement facile d’accuser les autres d’être responsables de nos malheurs ! Il faut qu’elle nous écarte avant la naissance du bébé. Elles réfléchissent toutes à la solution. Laquelle y a songé la première ? C’est maintenant sans importance. Toujours est-il que, quelques jours après cette conversation, notre belle-mère redevient aimable, nous sourit. Je révèle alors ma découverte à mon frère qui est aussitôt sur ses gardes.

— Méfions-nous, ça sent le coup fourré.

— Mais, non, elle va bientôt avoir son bébé, tout s’est bien passé jusqu’à présent. Elle est plus tranquille.

— Tu es vraiment trop naïve ! Une vraie gourde. J’espère que tu changeras un jour. Je te dis qu’elle va nous jouer un sale tour.

On y a réfléchi, mais jamais, au grand jamais, on a pensé à ce qu’elle nous a concocté.

Un matin, la voilà, à la fois souriante et embarrassée. Elle s’adresse à mon père :

— Je suis contente. Tout semble bien se passer cette fois-ci. Comme la naissance approche, ma famille va venir de la ville. Ils ont des enfants. Ce sera une compagnie pour les deux nôtres.

C’est bien la première fois qu’elle parle de nous ainsi. La proximité de sa propre maternité, peut-être! C'est ce à quoi papa a sans doute songé !

Mon frère et moi restons méfiants, mais nous sommes aussi très contents d’avoir de la visite. La maison est si triste. Et c’est avec un certain plaisir que nous voyons débarquer quelques jours après, d’une vieille camionnette, toute une smala d’adultes et d’enfants bruyants, qui ont les bras chargés de menus cadeaux, qui nous embrassent et nous complimentent et qui font éclater leurs rires et leur bonne humeur dans tout le village. Les enfants découvrent avec nous la campagne, les bois, les fermes, les animaux. Les filles partagent avec moi la corvée d’eau qui n’en est plus une, mais l’occasion de rire, de chanter, de jouer.

Le père est chauffeur de taxi, la mère s’occupe de la maison et de sa nombreuse nichée et fait des travaux de couture pour les gens. Leur vie paraît harmonieuse, ponctuée de cris et de rires, pleine d’une joie de vivre que nous avons oubliée. La mère prend la maison en main, qui résonne à nouveau de cris, qui embaume de bonnes odeurs de cuisine. La vie est revenue et papa apprécie les discussions avec le cousin, un homme actif, qui a voyagé et qui, de plus, accepte de l’aider aux champs. Volubile, il a toujours des histoires à raconter qui souvent se terminent par de grandes claques sur ses cuisses ou sur les épaules de son interlocuteur, accompagnées de rires sonores. Notre belle-mère se détend, comme rassurée. Toujours méfiant, tout en appréciant la présence de camarades de son âge, mon frère me tient en haleine.

— Je me demande où elle veut en venir. Il y a quelque chose qui va nous tomber sur la tête. 

Il a raison. Les jours passent, harmonieux en apparence. On attend l’arrivée du bébé. La cousine de la ville régit la maisonnée avec une certaine autorité. Elle a eu de nombreux enfants et a aidé de nombreuses femmes à accoucher. Elle fait nettoyer la pièce où le bébé doit naître, demande du linge propre et prépare de la tisane qu’elle fait boire à la future maman, pour la calmer, dit-elle. Mon père ne semble pas inquiet et continue à écouter les récits bruyants du cousin qui lui assure qu’une naissance est une affaire naturelle et féminine. Sa femme en a eu tant, sans problème !

En effet, le bébé naît, sans trop de problèmes, même si le travail a duré plusieurs heures. Il est très sage. Je le trouve mignon. Après tout il est mon petit frère. Les cousins parlent de repartir.


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BONNE LECTURE !

vendredi 4 août 2023

Maladies rares et invisibles

 La maladie est difficile à vivre, surtout quand il s'agit d'une maladie rare, que la plupart des généralistes ignorent et que la mienne qualifie de "psychosomatique", me taxant presque d'hypocondriaque. Mes très nombreuses hospitalisations et mon suivi par un centre très spécialisé ne lui semblent pas convaincants ! J'ai même eu un médecin qui m'a "accusée" d'être, avec les nombreux examens effectués à l’hôpital, responsable, avec des gens comme moi, des problèmes financiers de la sécurité sociale... Il est vrai qu'une opération de l’hypophyse et des traitements permanents depuis plus de dix-huit ans ne sont effectués que pour le plaisir !

Une maladie rare et inconnue qui ne se voit pas, n'est pas, pour bien des gens, une "vraie"maladie, surtout quand, en plus, elle fait grossir ! 

"Fais donc un régime!!! Bouge-toi !!!"

 Que n'ai-je entendu ? J'ai laissé tomber l'explication, je vis avec ma maladie (tiens, je me l'approprie!), ses symptômes, la fatigue permanente, les douleurs et la dépression, sans parler des kilos... Je sais que c'est une maladie qui ne se guérit pas, elle peut rester sous-jacente, se "cacher" quelque temps, et puis elle ressurgit, triomphante, avec ses déformations physiques, ses troubles tant physiques  que psychologiques, sa fatigue , ses douleurs ...

J'ai souvent envie de mettre un point final à tout cela.

Cette maladie s'appelle la maladie de Cushing, à laquelle s'ajoute, depuis peu, à la suite de la prise d'un médicament destiné à essayer de la combattre, une insuffisance surrénalienne.

Les deux conjuguées, c'est difficile. Et si j'arrêtais tout, me délivrant et délivrant mon entourage... 

vendredi 2 décembre 2022





NONNA DES SOURCES

Pour ceux qui habitent dans l'Orne, près de L'Aigle, j'aurai le plaisir de vous retrouver le samedi 3

 décembre au centre culturel Leclerc de L'Aigle pour vous présenter mon livre qui a gagné un prix

 littéraire au Salon du Livre de Buzet sur Baïze .

NONNA DES SOURCES

Je le vous dédicacerai, nous pourrons en discuter.

Quelques images et documents pour vous donner envie de le lire et de vous évader !!!





 

mercredi 26 octobre 2022

 BIZARRE  ?



Elle avance en se dépêchant, avec cette satanée pluie qui lui donne l'impression d'être transpercée jusqu'aux os. Elle n'a pas de parapluie, comme d'habitude. Elle les perd tout le temps, ou ils se cassent. Elle trouve ça tellement gênant pour se déplacer  ! On accroche les gens, ou les autres parapluies, il faut soulever le parapluie ou le mettre de côté, s'excuser quand on heurte les passants.Encore que sa grande taille lui permette de passer plus facilement que les petites mamies et leurs ombrelles dont on a l'impression parfois qu'elles comptent s'en servir comme d'une arme. 

Ce matin, redoutant la pluie et écoutant les prévisions météorologiques qui pour une fois ne se sont pas trompées, elle s'est prudemment vêtue d'un long ciré rouge qui, avec sa capuche, la protège tant bien que mal. Il n'empêche que la pluie est si dense qu'elle semble s'immiscer même sous le vêtement imperméable. 

Il lui tarde de retrouver la chaleur et l'intimité de son appartement. Elle n'a pas de courses à faire, son réfrigérateur et son congélateur sont bien pourvus de toutes sortes de denrées qu'elle aime. Elle s'imagine déjà sous une douche chaude, puis confortablement installée dans son canapé de cuir,  son plateau de sushis et de fruits sur la table basse, hésitant entre regarder un film à la télévision ou se plonger dans sa liseuse pour y choisir un bon livre. Elle vient de terminer une étude sur le bouddhisme contemporain et a bien envie de se choisir un bon polar. Elle y pense tout en luttant contre l'eau qui inonde son visage. 

— Je me demande si mon maquillage waterproof a résisté. C'est une façon de le tester  !

Plus que deux ou trois cents mètres. Le porche de son confortable immeuble est en vue, enfin. Il y a un mois qu'elle a arrêté de fumer. Ce soir, va - t - elle avoir le courage de poursuivre ou va - t - elle, comme elle l'a fait pendant des années, allumer une cigarette, après avoir ôté son imperméable et ses bottes  ? Il faut qu'elle tienne, même si l'envie de fumer est très forte après une journée comme celle-là. Elle se promet un voyage au bout d'un trimestre d'abstinence sans tabac. Au bureau, sa secrétaire assure qu'elle a un teint beaucoup plus clair. Elle essaie une ou deux fois par semaine de nager une vingtaine de longueurs de bassin dans la piscine de son club sportif où son coach lui affirme, entre deux séances d'abdo-fessiers, qu'elle n'a pas “vraiment grossi”   après son sevrage tabagique . C'est le “vraiment” qui la gêne un peu  ! 

Enfin arrivée devant la porte. Le code, un clic, le lourd portail s'ouvre. Elle enjambe la marche en bois qui marque le coffrage du système de fermeture et se retrouve sous le porche, protégée des intempéries. Elle marque un arrêt devant les boîtes aux lettres. Quelques pubs, un petit mot de la concierge lui signifiant qu'elle a déposé un colis chez elle. Quelle commande a - t - elle faite, récemment  ? Elle ne se souvient pas. Elle verra bien. Elle regarde distraitement la végétation de la cour de l'immeuble, soigneusement entretenue par le syndic, hume en passant le bosquet dégoulinant de lavande et de romarin, traverse rapidement le jardin qui constitue un luxe en plein centre-ville et pénètre dans le hall de l'immeuble. Elle hésite, ascenseur ou escaliers, comme le conseillent toutes les revues féminines et son coach  ? Elle considère qu'elle a fait suffisamment d'exercices pour pouvoir emprunter l'ascenseur. Quatre étages plus haut, elle foule l'épaisse moquette beige qui conduit à son appartement et s'arrête devant la porte. Elle fouille dans son sac à la recherche de ses clés. Deux tours dans la serrure trois points et elle pousse la porte blindée dont sont équipés tous les logements.

À peine entrée, elle s'arrête. Claire a peut-être des problèmes de myopie, bien que corrigés par une opération ophtalmique, elle craint et est très attentive aux troubles de l'audition dont souffrent de nombreux membres de sa famille, mais elle a un sens olfactif extrêmement développé. Chaque endroit, en particulier chaque maison, a son odeur, à laquelle on s'habitue et à laquelle peu de gens sont sensibles. Mais Claire sent le monde. Il y a, dès l'entrée, une odeur anormale. Une deuxième respiration lui fait reconnaître l'odeur entêtante du gaz, associée à un autre parfum, plus subtil, qui lui échappe. Elle réagit aussitôt  : ne pas allumer pour ne pas risquer une étincelle. Elle se dirige dans l'obscurité dans son logement qu'elle connait bien vers la terrasse pour en ouvrir la baie. Un pouf de cuir a été déplacé, ainsi qu'une petite table qu'elle heurte. Elle parvient tout de même au balcon dont elle ouvre en grand la porte coulissante. Une bouffée d'air frais et de pluie s'engouffre dans le salon, tandis que Claire reste quelques minutes dehors à inspirer l'air humide et pollué de la ville, mais infiniment moins dangereux que le gaz. Elle bénit son idée récente d'arrêter la cigarette et n'ose imaginer ce qui se serait produit si elle était entrée en fumant, comme cela lui est arrivé si souvent.

Elle se dirige ensuite vers sa chambre où l'odeur est moins violente mais ouvre cependant la porte qui donne sur une petite véranda. Elle termine son inspection par le bureau qu'elle aère en levant le store resté fermé depuis le matin. 





mercredi 14 septembre 2022

Une rose pour accompagner votre lecture

 EXTRAIT DE 

NONNA DES SOURCES

classé dans les meilleures ventes chez Leclerc,

Une famille recomposée, atypique mais qui partage rires et tendresse, et qui va servir de soutien affectif à Maria, Tonio, Paolo et Luisa qui, tout en gardant son objectivité pour les évaluer, ne les abandonnera jamais. Andy est la figure paternelle, de référence, le roc à qui ils se confient, qui connaît leur fragilité et qui les aime comme ils sont, se plaît – il à le préciser.
La guerre qui endeuille l'Europe ne semble pas les concerner, sauf, quand Ézéchiel, à peine âgé d'une vingtaine d'années, annonce à sa mère qu'il s'engage dans l'armée des États – Unis dont il a la nationalité par son père.Luisa est désespérée, l'histoire va – t – elle se répéter ? Non, ce n'est pas possible!Elle fait tout pour le dissuader, il est trop jeune, elle est seule, l'Europe est loin, ce conflit ne les concerne pas, il peut aider les belligérants en recueillant des réfugiés, il y en a beaucoup en Argentine. Ils viennent d'Allemagne, font escale à Buenos Aires pour s'y installer ou pour partir ailleurs,mais apprécieront son aide. Andy peut l'aider à les recevoir. Ézéchiel ne veut rien savoir. Il s'est documenté auprès de l'ambassade des États – Unis et veut rejoindre l'armée américaine. Il a été horrifié par Pearl Harbour et se sent autant argentin qu’étasunien. Comme son père dont il a fait un héros, il veut défendre sa patrie et la liberté. Ni Luisa ni Andy ne parviennent à le faire changer d'avis. Laissant sa mère et ses grands – parents en larmes sur le quai du port de Buenos Aires, il s'embarque pour les États – Unis où il va rejoindre ses grands – parents paternels qu'il ne connaît qu'épistolairement et qui sont ravis de l'accueillir. De là, il s'engagera et s'embarquera pour l'Europe sur un de ses

nombreux Liberty Ship qui depuis 1943 partent pour l’Europe. Tonio essaie de le raisonner en lui expliquant que l'Italie, leur patrie d'origine, est engagée dans la guerre et qu'il ne faudrait pas qu'il se retrouve à combattre ses cousins.Rien n'y fait ! Aussi tête brûlée que son père et engagé dans ce qu'il nomme la défense de la liberté et de la démocratie, il part. Luisa a un très mauvais pressentiment. Elle va jusqu'à consulter des machis, chamanes traditionnels d'Argentine. De nombreux escrocs, attirés par la fortune de la famille Prietti, se précipitent, prêts à déclamer ce qu'elle veut entendre. L'un d'entre eux, Jeronimo, la regarde et la prend dans ses bras en la serrant affectueusement sans rien dire, avant de s'éloigner. Luisa comprend que l'avenir lui réserve bien des drames. Elle inonde les églises de la ville d'aumônes, de prières, entreprend des pèlerinages,va jusqu'à solliciter le rabbin de la grande synagogue Or Torah récemment ouverte et dont le style oriental lui rappelle les églises d'origine byzantine qu'elle a visitées en Italie.

Ézéchiel embarque, elle reste dans l'attente de courriers, et dans la crainte du télégramme, comme pour Harry. Ézéchiel est heureux de lui annoncer son départ pour l'Europe. Elle suit comme elle le peut la progression des soldats américains , n'hésitant pas à faire appel à toutes ses connaissances pour se tenir au courant. Il participe à l'opération Husky de débarquement en Sicile et en Italie. Sur la terre de ses ancêtres, il ne peut rien lui arriver. Les oncles eux – mêmes réussissent à lui fournir des renseignements par l'intermédiaires de

« collègues » qui aident et profitent des américains.Les combats se poursuivent et Lucia pense que la guerre est bientôt terminée et qu'elle va retrouver son fils.



Bonne lecture et de doux moments, dont nous avons bien besoin !!!

dimanche 21 août 2022

 LIRE 

NONNA DES SOURCES


En souhaitant que cet avis de lecteur vous donnera envie de vous plonger dans la lecture de 



500 PREMIERS REDACTEURS D'AVIS

Commenté en France le 19 août 2022

Claire est directrice des relations humaines dans une grosse entreprise, elle vit seule avec son chat (en garde alterné avec son ex-mari, dont elle n’est pas divorcé, il fait traîner….). Elle aime sa liberté, son quotidien, ses amis. Son ancien conjoint aimerait reprendre la vie commune mais elle n’en a aucune envie. Ses parents vivent le plus souvent au Maroc où ils ont acheté une médina. Elle a trouvé un équilibre et ne se plaint pas.
Un jour, elle reçoit un courrier d’une société de généalogie qui lui demande de la contacter au plus vite. Étonnée, surprise, dubitative, elle se décide finalement à les rencontrer. Elle va alors apprendre qu’elle peut hériter d’une lointaine aïeule. Beaucoup de questions se bousculent en elle mais bon, pourquoi ne pas creuser cette information ?
À partir de là le récit va se partager entre la vie de Maria et Tonio en 1900 et Claire en 2020. Tonio est parti vers l’Amérique pour essayer de sortir sa famille de la misère, a-t-il réussi ? On se doute que oui car l’héritage susceptible de parvenir à Claire doit être assez conséquent si on la dérange pour les démarches. Mais pourquoi elle et pas sa mère ?
J’ai été très agréablement surprise par ce roman. Je ne m’attendais pas à un récit aussi foisonnant et approfondi. Les chapitres alternent entre passé et présent. Nous découvrons la riche personnalité d’une ancêtre originale, qui n’avait pas froid aux yeux et qui a sans doute inspiré Claire à travers le temps et l’espace, sans qu’elle s’en rende compte (tout est dans les gènes diraient certains). L’aspect historique, les déboires dans un pays étranger, la volonté de s’en sortir, les liens qui se tissent, tout est soigneusement présenté, analysé. Et pour ici et maintenant, les questions, les hésitations, les peurs de Claire sont également exposées avec intelligence.
L’auteur a une très belle écriture, elle vous plonge immédiatement dans les lieux qu’elle évoque (j’ai même pensé que cette histoire ferait un beau téléfilm). Elle ajoute un petit côté psychologique à ses personnages mais sans excès. C’est très bien dosé. Il y a du rythme car les événements se succèdent et on s’interroge sur le devenir des uns et des autres. J’ai apprécié les réflexions sur les concessions à faire pour réussir, le fait que ce ne soit ni noir ni blanc, que certains hésitent à tricher, à fréquenter ceux qu’il ne faut pas pour « se protéger », les doutes de Claire, ses angoisses face aux situations déstabilisantes, etc.
J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage qui m’a captivée très rapidement. J’ai apprécié les femmes de caractère de cette histoire, de beaux portraits !

AGRÉABLE JOURNÉE ET BONNE LECTURE

jeudi 28 juillet 2022

Pour mieux connaître NONNA DES SOURCES...

 NONNA DES SOURCES


Pour vous donner envie de suivre Claire dans ses pérégrinations et ses aventures....

Un extrait de Nonna des Sources...


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Sur Amazon mais également dans toutes les librairies !

Je serai présente le 28 août 2022 au salon "Les écrivains chez Gonzague Saint Bris" à Chanceaux-près-Loches, près de Tours.


"Claire est engoncée dans son confortable fauteuil de cuir, les pieds reposant sur un pouf. La télévision est allumée, projetant une lumière diaphane, et le son, réduit au minimum, produit un vague bruit musical de fond. Elle réfléchit et c'est pour éviter le silence de son appartement qu'elle a gardé l'appareil allumé.

Trop de faits inattendus se sont accumulés en si peu de temps. Elle est encore sous le choc de l'invraisemblable nouvelle de cet héritage qu'elle n'arrive pas à intégrer. Est - ce une blague  ? Mais de qui et dans quel intérêt  ? Si cela se révèle vrai, sa vie va être totalement bouleversée. Mais de quelle façon  ? Il est vrai que, comme de nombreuses personnes, Claire a rêvé d'être riche par un extraordinaire hasard, ce qui lui arrive, actuellement. Elle a récemment lu une étude qui prouve que au-delà d'une certaine richesse, on n'est pas plus heureux. Elle a souri en se disant que cela restait à vérifier. Maintenant que la voilà au pied d'une immense richesse, elle se pose la question  :

— Sera - t - elle plus heureuse  ?

Elle aurait envie de connaître les critères utilisés par le Bhoutan qui, dans son gouvernement et ses statistiques, intègre le bonheur. Que pourra - t - elle s'offrir qu'elle ne possède pas  ? Ne plus travailler  ? Pas sûr  ! Elle aura à gérer des sommes colossales, de nombreuses entreprises, dont celle où elle travaille. Des milliers d'emplois, de familles, dépendront des décisions qu'elle prendra. Elle devra se méfier des gens attirés par son argent, ne plus faire confiance spontanément. S'entourer de conseillers, de domestiques pour les multiples maisons dont elle risque d'hériter... Tiens, le mot «  risque  » lui est venu spontanément à l'esprit. Avoir des gardes du corps, éventuellement. Mais elle va perdre sa liberté  ! Cela en vaut - il le coup  ?

— C'est une réaction égoïste, lui souffle une petite voix intérieure. Donne, si tu ne veux pas garder.

Donner  ? Mais donner un trust de ce genre, c'est assurer sa faillite si les gestionnaires ne sont pas compétents, ou augmenter encore la fortune des dirigeants en place si elle leur en laisse les rênes.

Finalement, elle était plus heureuse, certainement plus tranquille avant ce fabuleux héritage  ! 

Il faut qu'elle se ressaisisse et, tout d'abord, aller voir sur place ce qu'il en est. Un périple que Bruno Lamberet lui a annoncé comme long, mais qu'elle doit accomplir pour se rendre compte de la situation. Elle ne veut pas faire ce voyage d'études en la seule compagnie du généalogiste. À priori, elle lui fait confiance. Il a beaucoup d'intérêt dans cette affaire, mais elle ne le connaît pas, sinon par ses propos et les dires de Céline. Il lui faut quelqu'un de confiance pour réaliser ce premier pas vers l'acceptation, ou le refus, oui, elle y songe, de ce cadeau du hasard familial. 

La première personne à laquelle elle pense, est son père. Il compte beaucoup dans sa vie. Posé, logique, affectueux, c’est un homme sensé et gentil. Elle sait bien que ce mot est considéré comme une espèce de parodie, mais la gentillesse de son père, une qualité qui n'a rien à voir avec la bêtise, mot auquel on l'assimile souvent et faussement, a toujours été un modèle dans sa vie. Il en fait un homme juste, et c'est une qualité rare. Elle sait que son père acceptera de l'accompagner, sans aucune hésitation. Mais elle s'inquiète de la fatigue que cela lui imposera. Des heures de voyage en avion,  les décalages horaires risquent d'exténuer son père dont la santé s'est fragilisée ces derniers temps. Elle sait pouvoir compter sur lui pour l'aider à prendre la décision finale, quand elle aura tous les éléments en main, mais ne veut pas qu'il en souffre physiquement. Il viendrait, elle le sait, sans penser à son bien - être, mais elle préfère ne pas le lui proposer, sans parler des problèmes que cela posera avec sa mère. Celle - ci a été éliminée de l'héritage par cet étrange testament. Il va être suffisamment compliqué de lui expliquer ce choix, sans embarrasser, ni impliquer son père. 

Il y a Céline. Une personne de confiance, mais pourra - t - elle être disponible  ? 

Marc, son futur ex - mari  ? Peut - être pas une bonne idée. Il est sorti de sa vie, même s'il semble peu disposé à le faire de façon définitive. Alors que indifférence et silence ont encombré leurs derniers mois de vie commune, il paraît maintenant regretter cette décision qu'ils ont pourtant prise ensemble. Céline lui répète que, sorti par la porte, il essaie de s'introduire par la fenêtre. Cela fait sourire Claire qui doit reconnaître que ce n'est pas si faux. On ne regrette jamais autant quelqu'un ou quelque chose que quand on l'a perdu  ! Elle a retrouvé sa tranquillité dans cette séparation. Elle ne veut pas perdre cette sérénité récupérée. Même ce fabuleux héritage ne la privera pas de sa liberté enfin appréciée. 

Qui reste sur la liste  ? Rodolphe  ! Pourquoi pas  ? Elle le connaît moins bien que Céline dont il est un ami proche, mais elle le sait solide, intelligent et surtout de bon conseil économique. C'est avec lui qu'elles projettent de se rendre au prochain rendez - vous avec Bruno Lamberet, si prochaine rencontre il y a, car ce dernier semble bien pressé de régler l'affaire. Sans doute, la commission importante qu'il va recevoir, justifie son empressement. Il y a aussi ces fameux treize ans, prétend - il, qu'il ne faut pas dépasser, faute de quoi l'héritage lui échappe , et donc  sa commission de généalogiste. 

Elle jette un vague coup d'oeil sur l'écran de la télévision qui propose un reportage sur les Terres Australes. Tiens, si elle en a envie, elle pourra y aller en croisière, ce qu'elle ne regardait pas jusque là car trop cher. Finalement, être riche offre des possibilités, à condition de faire de bons choix, rajoute - t - elle, en élevant le son du reportage qu'elle regarde jusqu'à la fin, plus pour occuper son esprit qu'avec une réelle envie d'y aller.

En se coulant sous sa couette, elle prend sa décision  : ce sera Céline ou Rodolphe. Elle les appellera demain pour leur poser la question, d'abord sa cousine, ensuite le copain - trader. En ultime choix, s'ils sont occupés, il restera David. Claire ne sait pas s'il sera un décideur efficace, mais un compagnon de voyage agréable, sans aucun doute."