lundi 10 octobre 2016

Un livre à lire!

INFERNO  de Dan BROWN (éditions JC Lattès)

Ouvrage publié en mai 2014, (broché ou kindle) de l'auteur de Da Vinci Code.

On y retrouve toujours cette atmosphère précise et raffinée qui ressemble, par ces détails archéologiques, historiques et artistiques, à une visite guidée de musée(s) en Italie, mais aussi en Turquie et on pratique une course dans l'histoire de l'art tout en essayant de résoudre une énigme policière menaçant le monde

On est assez rapidement pris par les personnages (j'ai trouvé une certaine ressemblance avec Harrison Ford dans son rôle d'Indiana Jones et ses nombreuses (més)aventures). On court avec eux , on voyage avec eux, on s'interroge avec eux, on se perd avec eux....

Mais au final, on se retrouve en bonne compagnie et surtout on s'interroge.
Oh, allez-vous me dire, elle n'est peut-être pas jolie, jolie, ma question!

Et si le héros caché, celui en demi-teinte de ces aventures, je n'oserai pas dire, le héros noir, non pas notre fringant universitaire, mais l'autre, le scientifique disparu, et s'il n'avait pas un tout petit peu raison, après réflexion?

En tout état de cause, j'ai découvert un terme et un mouvement scientifique et philosophique que j'ignorais "le transhumanisme" (cela existe) et l'univers passionnant de Dante dont je ne connaissais que la réputation "sulfureuse".

Un livre de 565 pages mais qui se lit facilement (j'ai adoré la visite des villes italiennes et d'Istanbul retrouvée) et qui surtout m'a laissée dubitative!

A vos pages ou vos liseuses!


mercredi 28 septembre 2016

L'ÂME DU MONDE de Frédéric LENOIR

Un petit traité simple de sagesse et de philosophie, assorti de contes et histoires souvent connus, mais relus avec plaisir.
Un livre qui se lit facilement, une pause bienfaisante dans le fatras de mauvaises et tristes nouvelles qui nous accablent chaque jour.
Fraîcheur, simplicité et sérénité, sans prétention, mais dont la lecture nous laisse reposés et, peut-être, plus sages, à coup sûr plus tolérants!
A entreprendre un week-end d'automne...


vendredi 29 juillet 2016

Mes contes de Perrault de Tahar BEN JELLOUN

En ces temps de violence et de tourmente, un moment de détente et de sourires, accompagné d'une idée originale de tolérance,

Mes contes de Perrault
de
Tahar BEN JELLOUN
(éditions du Seuil)
Broché, en poche ou téléchargeable.




Les célèbres contes de Perrault revus et corrigés par Tahar Ben Jelloun sont un vrai délice, mêlant les histoires de Perrault et certaines légendes ou nouvelles traditionnelles du Maghreb.

C'est un des rares livres qui m'a fait éclater de rire. Les titres remaniés sont déjà parlants, comme "Hakim à la houppe" ou "La petite à la burqa rouge".

On sent que l'auteur s'est certainement beaucoup amusé à ré-écrire ces histoires, qui prouvent l'intemporalité des légendes et de l'humour.

N'hésitez pas, sur le sable, l'herbe verte ou sous la couette, sur votre liseuse ou dans votre sac, à déguster ce délicieux ouvrage.

Encore une fois, bravo et merci, Monsieur Tahar Ben Jelloun!

vendredi 22 juillet 2016

Les fous du Diable!

Fatiguée, horrifiée des nouvelles dramatiques quotidiennes.
Avant-hier, Paris, Orlando. Hier, Nice. Aujourd'hui, Munich.
Et demain? On a presque envie de le demander.

Le livre que j'ai hésité à vous présenter date de 2003, une époque où on ne parlait pas encore tous les jours d'attentats et de terrorisme.

Je me suis toujours demandé comment on pouvait réussir à manipuler les gens, surtout les jeunes gens, pour les amener à commettre des actes fous.
On a eu les antécédents des kamikazes japonais dont on disait qu'ils étaient drogués, enivrés, sans carburant dans leur avion sur le retour.
J'ai également toujours été horrifiée par les barbaries de l'Inquisition dont les tortures et les exécutions prenaient l'allure de fêtes familiales.

Ce livre nous décortique le cheminement qui conduit un jeune homme normal à l'acte fou.
C'est aussi une critique acerbe de la société, des médias, du monde du spectacle et de ses paillettes.
Ne serait-ce pas, en plus de l'aspect pseudo religieux et idéologique, cette publicité, un peu comme la téléréalité, que ces fous du diable recherchent? La célébrité dans des médias qui recherchent le scoop sans se soucier de l'humanité des images et des informations qu'ils diffusent n'est-elle un des moteurs qui les animent?


Lisez, pour vous informer, ce petit livre prémonitoire, qui fait réfléchir sur la facilité de la dérive!
Grasset 2003
Livre de Poche 2005


mercredi 20 juillet 2016

Nouveau livre pour l'été : "Princesse Mousseline" de Sylvie Yvert

Un autre roman très différent pour les vacances, pour tous ceux qui aiment l'Histoire.

Mousseline la sérieuse de Sylvie Yvert (éditions Héloïse d'Ormesson)

Broché ou à télécharger



L'histoire, romancée ...ou pas..., du seul enfant de LouisXVI et Marie-Antoinette qui a survécu à la Révolution Française.
Le récit par la jeune princesse des jours de joie et de peur, des emprisonnements, des tentatives de fuite, des drames traversés.
Un portrait "très famille" de ses parents, le roi et la reine, très différents de ce que les manuels d'histoire nous présentent.
Mais aussi, ses angoisses de petite fille et d'adolescente emportée par la vague révolutionnaire qu'elle ne comprend pas toujours.
Un récit touchant, qui prend certes parti pour la princesse Mousseline, comme ses parents la nommaient, qui ne recherche pas l'objectivité, mais qui, après peut-être un démarrage que j'ai trouvé un peu lent, nous captive et nous fait aimer la princesse Mousseline!
Ce n'est pas un livre d'Histoire, c'est un roman historié, instructif et poignant.


dimanche 17 juillet 2016

Pour changer des habitudes, de temps en temps, une petite critique littéraire pour des livres qui m'ont plu, qui m'ont touchée ou simplement divertie.

Récents ou moins récents, peu importe!
Juste un partage de lecture.

Chapitre inaugural avec un roman à peine sorti et déjà à succès :

Stéphanie PELERIN

"Presque jeune, presque jolie et de nouveau célibataire"


Bridget Jones à la française!
Un roman léger et croustillant, qui se déguste avec plaisir et facilité. Une bonne idée pour oublier la morosité ambiante et sourire...On se retrouve dans bien des détails et c'est pour ça qu'on est content(e) de le lire....

vendredi 11 mars 2016

ROSEMONDE et VICTOR


Deux petites histoires vraies et courtes pour nous remettre les idées en place ! On en a besoin de temps en temps !


ROSEMONDE


J'ai depuis plusieurs années une employée de maison qui m'apporte une aide précieuse pour s'occuper de ma sœur, âgée et handicapée.
C'est une femme de 35 ans, haïtienne, avec, comme tout le monde, ses qualités et ses défauts . Si je râle souvent après sa nonchalance, j'apprécie, contrepartie de celle-ci, sa patience et sa gentillesse. Immigrée en République Dominicaine depuis une quinzaine d'années, on peut considérer qu'elle a réussi son immigration. Elle a une situation administrative en règle, un emploi stable, a appris à lire et écrire et possède une petite “casita” où elle héberge, bon gré, mal gré, de nombreux membres de sa famille ou de son village.
Elle a trois enfants, enfin deux dont elle est la mère biologique, et une troisième que son mari lui a ramené tout bébé, fruit de sa relation avec une autre femme, et qu'elle élève depuis l'âge de deux mois. C'est son fils aîné exactement au même titre que les autres. Ce fut un premier étonnement pour moi quand elle me l'apprit! Elle lui a même demandé de retourner chez sa vraie mère alors que celle-ci était malade et mourante pour qu'il la voit et s'en occupe. Il est revenu chez sa “maman” après le décès de sa mère .
Ce matin donc, elle m'explique qu'elle a un bébé. Devant mon étonnement, elle me décrit avec son vocabulaire, la situation suivante :
Le fils d'une de ses cousines, qu'elle héberge plus ou moins, vivait avec une jeune femme qui a accouché il y un mois et qui est décédée peu après l'accouchement d'une éclampsie. Son conjoint, ne voulant pas le bébé, a déclaré que ce n'était pas son enfant et a signé un document confirmant ceci auprès de la justice . Donc enfant haïtien en République dominicaine, non déclaré (il y a juste la facture médicale de l'hôpital d'accouchement), sans nom ni prénom, orphelin et abandonné ! On sait que le sort des bébés abandonnés dans le monde est difficile, mais imaginez un bébé haïtien orphelin abandonné en République Dominicaine ! Inextricable et un sort des plus précaires.
Rosemonde a donc décidé de se rendre à la “fiscalia”, organisme de justice locale, pour en demander la garde et, si possible, l'adoption. Devant mon air hébété et incrédule, elle m'a simplement dit : “C'est bien, je n'ai pas de fille ! Je l'ai appelée Roseta, un peu comme moi. Tu comprends, je ne peux pas la laisser, c'est ma famille”. Elle était souriante et heureuse d'avoir une petite fille. Elle m'a expliqué qu'elle s'arrangeait pour que sa voisine la garde pendant qu'elle venait travailler chez moi.
Je me suis sentie mal à l'aise, très mal à l'aise. Honteuse de me dire que je ne pense pas que j'aurais agi ainsi, alors que j'en aurais eu plus la possibilité qu'elle, honteuse de mon égoïsme, de mes humeurs , de mes questions existentielles alors que Rosemonde venait de me donner une leçon de vie, tout simplement. Son mari, jardinier, est très heureux, m'a-t-il dit, d'être le papa d'une petite fille, lui qui, malgré ses nombreux enfants, n'en avait pas!




VICTOR




Victor est “mon chauffeur de taxi”, enfin pas mon chauffeur particulier, mais celui que j'appelle quand je vais à Saint Domingue. Je l'ai connu par hasard, un jour où je cherchais un taxi, alors que tous me demandaient des tarifs exorbitants. Il est venu tout simplement et il m'a dit :
-Moi, je te prends le tarif normal, pas pour touristes.
Depuis, il est devenu notre ami. Je l'ai aidé un jour pour acheter des matériaux pour sa maison, sans qu'il ne me demande rien. Il m'a signé une reconnaissance de dette et me dit toujours qu'il a eu de la chance le jour où il m'a rencontrée. Je crois que, moi aussi, j'ai eu de la chance car il m'a souvent aidée par ses connaissances mécaniques et son expérience de Saint Domingue. Je sais pouvoir compter sur lui ( il est déjà venu nous chercher à la suite d'une panne à plus de 80 km de chez lui en pleine nuit). Ce qui me fait réfléchir quant à l'attitude de certains compatriotes... Enfin, peu importe. Victor est un type bien.
Étudiant en médecine pendant deux ans, il a dû pour des raisons financières et matérielles abandonner ses études. Il a d'abord été chauffeur de poids lourd, avant de pouvoir s'acheter une voiture (dont il est très fier malgré ses 25 ans d'âge) et devenir chauffeur de taxi. Il a maintenant 45 ans. Après un premier mariage mal terminé, il s'est remarié et a trois enfants, de 10, 7 et 4 ans qu'il élève du mieux qu'il peut et, comme quoi les moyens financiers ne sont pas primordiaux, qui sont très bien éduqués. Il s'en occupe beaucoup et j'essaie de les aider un peu. A chaque retour de voyage, je leur apporte des souvenirs, des frivolités sans doute, mais qui leur plaisent par leur aspect ludique. À la dernière rentrée scolaire, revenant de France, j'ai acheté des tee-shirts de Paris, des trousses colorées, des stylos amusants. Je donne ceci à Victor qui est venu nous chercher à l'aéroport et il me remercie en me disant :
-Ils vont partager.
Je lui réponds qu'il y en a pour chacun des trois.
-Mais j'en ai cinq, maintenant !
Je sais que la famille dominicaine est un peu flexible et extensible, mais je ne comprenais pas vraiment. En riant, je lui dis :
-Deux enfants cachés ?
-Non, me répond-il, avec un grand sourire, je vais t'expliquer. Mon beau-père qui avoisine les quatre-vingts ans a eu d'une jeune femme de trente ans, deux enfants. Elle est partie en laissant le petit garçon et la petite fille. Mon beau-père ne les a jamais scolarisés, ils les faisaient travailler dans les champs dans le campo. Il vient d'être hospitalisé et va entrer dans un asile. Les enfants étaient seuls. Ils sont venus à la maison. Tu comprends, je ne pouvais pas les laisser tomber, vivre seuls ou aller dans une institution ! Ils ont sept et cinq ans. C'est normal qu'ils viennent vivre avec nous.
Victor a une petite maison, des fins de mois difficiles, il aide sa mère, sa femme ne travaille pas pour s'occuper des enfants ! Il conclut avec un immense sourire plein de gentillesse :
-Quand il y en a pour cinq, il y en a pour sept. On se serre un peu.
J'ai vu les cinq enfants dans sa maison. Les deux nouveaux arrivés avaient l'air souriant, adaptés et adoptés. J'ai de leurs nouvelles souvent. Tout le monde va bien, Victor essaie de travailler un peu plus et est toujours aussi souriant et disponible.

Et moi je reste là, avec ma culpabilité, ma gêne face à eux, Rosemonde et Victor, et
 bien d'autres encore sans doute, qui me donnent une leçon de morale ou plus exactement une leçon de vie.
Pour me consoler de mon égoïsme, je vous demande, sincèrement :
-Et vous, qu'auriez-vous fait dans l'un ou l'autre cas ?