dimanche 24 juin 2012

LE PLAISIR DE LIRE UNE BONNE CRITIQUE

Un peu de douceur dans un monde de brutes!!!!

Je n'oserais aller jusque là ...encore qu'une expérience récente me donne envie d'écrire quelques lignes sur la naïveté et la crédulité, les miennes en particulier....En fait, il n'y a pas de mauvaises expériences, il y a juste des expériences enrichissantes.

Le sujet du jour est juste une critique des "Agents littéraires" qui m'a fait plaisir et rendu un sourire que j'avais oublié ces derniers temps...Je sais, comme quoi, il faut peu de chose...Mais la vie est faite de ces petits riens qui s'additionnent.

Mon livre "L'homme perdu" semble avoir plu à un critique et je vous livre son compte rendu sur le lien suivant:

http://www.les-agents-litteraires.fr/lhomme-perdu-de-dominique-vietti-letoile

Le livre, pour les lecteurs lointains, en plus d'Amazon.fr et quelques autres sites, est aussi disponible en PDF sur le site de l'éditeur : www.edilivre.com .

En espérant de nouveaux lecteurs!

mardi 22 mai 2012

samedi 12 mai 2012

Voici un petit montage amateur de mes deux derniers ouvrages, le 3ème est en préparation....Écrire, c'est, pour moi, d'abord me faire plaisir et , quand on peut partager ce plaisir avec d'autres... c'est encore mieux!

Ces ouvrages peuvent être commandés chez un libraire, sur Amazon.fr, Alapage.com.... ou directement chez l'éditeur:

-"L'homme perdu" éditions Edilivre

-"Destins croisés" éditions Terriciae (à paraître le 1er juin)

Je tiens à remercier ceux qui ont accepté d'acheter et de lire le premier ouvrage paru et à qui je fais une demande amicale et sincère. J'aimerais avoir vos avis, même critiques, surtout critiques!...
Ce premier livre est passé à la critique d'un forum de lecture et a obtenu la notation 3/5 avec comme appréciation "Bien". Je me suis dit "Il y a pire". Le reproche venait de la 4ème de couverture essentiellement qui présentait mal l'histoire....J'apprends peu à peu!
La nouvelle des "Roses d'Haïti" parue sur le blog a été sélectionnée parmi les 25 premières lors d'un concours de nouvelles organisé par Skyprod.
Je remercie ceux qui feuillètent mon blog et mes livres.
Dans l'attente de vos commentaires...
Amicalement depuis les Caraïbes.

jeudi 12 avril 2012

Bonne nouvelle...Sur Amazon.fr, proposition de:
"L'homme perdu"



"Destins croisés", parution le 1er juin, à réserver
sous la rubrique recherche VIETTI-LETOILLE Dominique

Laissez-vous tenter!

samedi 11 février 2012


Dominique VIETTI-LETOILLE
RIO SAN JUAN
RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
www.edilivre.com-"L'homme perdu"




            BASSES PRESSIONS, DÉPRESSIONS  !!!



    La lycéenne que j'étais ( oh, il y a longtemps!!!) et l'étudiante en histoire-géographie ensuite, avait une réaction, face au mot dépression, bien différente que celle de la femme d'un certain âge(sinon d'un âge certain) que je suis devenue...Le temps passe et tout change.

    Une dépression, c'était, auparavant,  pour moi, un ensemble de basses pressions, inférieures à 1015 millibars (ou hectopascal, nous précisaient les professeurs attachés à la pureté du langage qu'ils voulaient nous voir employer). De "jolies" cartes nous indiquaient par une belle ligne rouge aux courbes voluptueuses, la frontière entre les basses pressions et les hautes pressions.

    Pour faire simple et surtout, pour nous, les veilles de week-end ou de sorties, basses pressions signifiaient mauvais temps, pluies, parfois vent, en France comme au Maroc où j'ai longtemps vécu. Bref, pas la joie !!!

    A présent, une dépression, c'est différent, mais ce n'est guère mieux pour moi.
    Il existe toujours certes le phénomène météorologique qui, ici, peut se transformer en cyclones, ouragans et pires cataclysmes.

    Je vais certainement paraître à beaucoup comme une égocentrique, incapable d'apprécier ma chance, ma vie tranquille... bref ,comme on me l'a déjà dit,
"une bourgeoise qui s'ennuie et qui s'occupe en regardant son nombril et en se lamentant."
    Faux, et je répète fermement "Non, archi-faux". Beaucoup parlent sans ne rien connaître et, pire encore, en croyant savoir!
     Je connais ma chance. J'essaie de m'intéresser aux autres, autant que possible, sans me prendre pour Soeur Emmanuelle ou Mère Thérésa. Je suis encore capable d'objectivité et d'humilité!  J'ai envie de répondre à ceux qui m'adressent ces reproches qu'ils feraient bien de commencer par analyser leur propre attitude...Mais, là n'est pas le propos.

    Je voudrais juste essayer de faire comprendre que la dépression, tout comme les basses pressions, est quelque chose de réel. Cela ne se voit pas comme une jambe cassée, ne se ressent pas comme une migraine( je connais, j'en ai !). Cela n'est souvent pas considéré par beaucoup comme une vraie maladie, vous savez, juste les humeurs (hormonales, peut-être?) de ces dames, la plupart du temps. Ces mêmes tartuffes savent -ils que la "Mélancolie" est une maladie extrêmement grave qui mène souvent au suicide? (cas connu de cet ambassadeur de France en Italie parti sans raison apparente dans les rues de Rome où il s'est donné la mort).


     Avez-vous eu déjà un enfant un peu malade, patraque, sans qu'on sache exactement ce qu'il a? La réponse, en général, est une des suivantes : un virus, une allergie, le stress.

    Pour une femme, c'est en général "psychosomatique et normal parce que les femmes actuelles sont toutes stressées avec la vie qu'elles mènent"(ça, c'est vrai...Enfin, une reconnaissance sociale!! )
    A partir de là, un petit tranquillisant( je ne donne pas de nom...), un anti-dépresseur (il y a pléthore et mieux vaut ne pas en lire les éventuelles conséquences...), du yoga (très à la mode), du calme, moins de soucis ( on aimerait bien!) .
    Et le tour est joué. On peut y rajouter quelques séances chez un psy (-chiatre si c'est un peu plus grave et -chologue si ça l'est moins).

    J'en sais quelque chose. J'en ai parcouru le "chemin de croix"!

    J'ai été soignée pendant des années pour stress, accompagné de migraines et d'une immense fatigue (normal, me disait-on, pour un prof  de banlieue parisienne, de surcroît mère de 3 enfants) par ce type de thérapie. Je ne prétends rien, je ne porte pas de jugement, je relate des faits, je ne suis pas médecin. Le psy m'a trouvé quelques "trucs"...On traîne tous des casseroles, le centre anti-migraineux m'a asséné que c'était une "migraine vraie". Merci!( heureusement,il y a maintenant des médicaments anti-migraineux efficaces)

     Et vogue la galère...

    J'ai continué le yoga ( cela faisait très longtemps que je le pratiquais), pris des médicaments (changés de temps en temps parce que ça ne fonctionnait pas bien), fait de la natation, de la marche, du sport, et même des essais de "méditation zen" (là, j'ai eu du mal)... Cela a duré, duré, jusqu'à ce qu'un jour, par hasard, (lors d'une croisière sur le Nil, c'est inattendu...On pense plutôt trouver des temples, des colonnes, des momies et des pyramides..) je  fasse la connaissance d'un médecin libanais qui, après une question que je lui posai sur un résultat d'analyse que je venais d'avoir, a diagnostiqué une "maladie orpheline" liée à l'existence, pour moi, (c'est différent chez d'autres patients) de petites tumeurs sur l'hypophyse, donc dans le cerveau ...

    En effet tout était bien dans la tête!!! Mais pas à l'endroit prévu...

    Je passe sur les hospitalisations, l'opération et tout ce qui accompagne ce type de maladie.
    Comme me l'a dit un charmant médecin expert de l'Education Nationale, avec un tact digne des meilleurs "Vous avez de la chance d'être encore vivante"...De quoi vais-je donc me plaindre? Et la qualité de vie, Monsieur?

    J'ai connu d'excellents médecins à l'hôpital, compétents et humains...Il y en a, heureusement...
    Le professeur  que je qualifierai d'extraordinaire autant par ses diagnostiques et soins médicaux que par ses qualités humaines et qui me suit depuis quelques années m'a avertie avec une délicatesse dont je lui suis reconnaissante (comme pour bien d'autres choses),  que cette maladie provoquait, avant et surtout après l'intervention et les soins, des états dépressifs graves qu'on avait du mal à juguler.

    Et voilà,je mets au moins un nom sur l'origine de mon "état dépressif" qui énerve tant mon entourage.

    J'ai trouvé en Rque Dominicaine des psychiatres, en particulier un neurologue, qui a jugé que la dépression (j'allais dire "ma" dépression, mais loin de moi l'idée de me l'approprier) dont je souffrais était une vraie maladie. J'ai (et il a )beaucoup de mal à trouver le bon rythme de soins et de médicaments.

    Je confirme qu'il y a des conséquences physiques importantes et gênantes dans la vie quotidienne tant pour soi que pour les autres.
    Non, on ne fait pas la tête, non, on ne le fait pas exprès,
    oui, on fait des efforts, oui, on fait tout pour se  prendre en charge et vivre comme les autres, oui, on aimerait pouvoir sourire et rire.
    Assez des... 'y a qu'à  faut qu'on".
    Les malades, car ce sont des malades au même titre que les autres, font ce qu'ils peuvent. C'est une maladie un peu particulière, mais c'est une maladie. On est aidé médicalement (heureusement) mais on a beaucoup de recherches "thérapeutiques" à faire seul.  On devient vite insupportable pour les autres qui ne comprennent pas nos difficultés et mettent en doute notre volonté(bonne ou mauvaise!!!)
    Oui, je le sais, il y a des gens qui meurent de faim, de maladies,qui ont des difficultés de survie. Il y a des gens au chômage, qui peinent dans des bidonvilles( combien de ceux qui critiquent en ont vu?), des enfants qui travaillent dans des conditions infâmes, des femmes qui sont maltraitées. J'en suis consciente. Je ne crois pas pouvoir être accusée d'égoïsme, tant envers les humains que les animaux.On me fait souvent le reproche d'être trop gentille, un peu poire pour ne pas dire plus...Trop bonne.....

    La dépression est une maladie qui fait souffrir,face à laquelle le malade est souvent seul.
    Je ne demande pas qu'on me plaigne, qu'on nous plaigne...Loin de moi cette idée.
    Je demande sinon compréhension et aide, impossibles de la part de beaucoup, simplement qu'on nous prenne un peu au sérieux et qu'on cesse de nous regarder comme le clown triste de service.
    Savez-vous qu'on meurt de la dépression, comme de toutes les autres maladies graves...Une simple constatation....



   

    

vendredi 28 octobre 2011

PUBLICATION DE MON LIVRE

ça y est ...enfin. Mon livre "L'Homme perdu"est publié chez Edilivre(edilivre.com),dans la collection Tremplin.Il peut être commandé sous forme de livre papier ou de livre numérique....
Bonne lecture...indulgente.
DOMI

jeudi 8 septembre 2011

SOUVENIRS


                        LE SOUVENIR

    çA y est.Papa n'est plus.Je suis orpheline. C'est la première pensée qui m'est venue, dans cette chambre de la maison de retraite où j'ai passé la nuit et où papa vient de pousser son dernier soupir. Je regarde l'heure:il est 7h40, on est le lundi 8 août 2011 et c'est la saint Dominique, ma fête.C'est la première fois qu'il ne me la souhaitera pas.
    Je suis arrivée la veille au matin, après une nuit dans l'avion, sans dormir. J'ai vu deux films, dont je ne me rappelle plus très bien le titre. Le premier,"La croisière" avec Line Renaud, de quoi ne pas réfléchir, et le deuxième... je ne sais plus, un grand trou noir dans mes pensées.
    Un voyage long, retardé deux fois pour cause d'ouragan.
    Arrivée à Orly, accueil par mes trois enfants et immédiatement, descente sur Toulouse. Arrêt à la maison de retraite, discussion avec le personnel et avec papa. Nous a-t-il reconnus? Nous a-t-il entendus? On me dit "oui", "Il vous attendait"! plus pour me faire plaisir que pour me dire la réalité. J'essaie de rester sur cette illusion.
    Je décide de revenir passer la nuit avec lui après avoir laissé mes trois grands enfants chez ma tante. Hésitations, "Tu es fatguée, tu iras demain"... Je ne le sentais pas, papa. Il fallait que je retourne.
    Un fauteuil et une couette étaient préparés dans la chambre par le personnel quand je suis revenue. Toujours la même question? Me reconnaît-il? Sait-il que je suis là? Egoïstement, je crois que ce qu'il faut, c'est que moi, je sois là. Avec cette impression qu'il se réveille et répond un peu au personnel soignant qui passe plusieurs fois dans la nuit, mais à moi, rien, quand j'essaie de lui parler.
    J'ai un livre, pris au hasard dans les livres qui sont dans sa chambre. Un livre qui parle d'un père disparu et dont la fille découvre la vie peu exemplaire après sa mort.
    Moi, je pense. J'entends des cris. Il y a un secteur fermé dans la maison de retraite et une femme crie une grande partie de la nuit. Elle appelle. J'entends une voix qui, doucement, lui répond.
    Papa ne crie pas, ne répond pas quand je lui parle, quand je lui prends la main. Son visage est cireux et, parfois, on a l'impression qu'il exprime des rêves, des grimaces, des angoisses. Des souvenirs? Des peurs?
    J'essaie de lui parler doucement. Quand je suis arrivée, j'ai demandé s'il n'y avait pas un prêtre, un pasteur, un rabbin, un imam...pour être avec lui, avec nous. Peut-être avais-je peur de me trouver seule face à la mort que je savais toute proche. Non, m'a-t-on répondu. Un rendez-vous avec un psychologue, éventuellement dans la semaine...Mais ce n'est pas ce que je voulais. De toutes les façons, ce serait trop tard. J'affronterai toute seule. Après tout, il en a fait des choses pour moi, il en a affronté de problèmes avec moi, papa.
    C'est, paradoxalement, une nuit extraordinaire, dans son sens étymologique, c'est à dire qui sort de l'ordinaire, que j'ai passée. Je ne la regrette pas, je suis contente de l'avoir passée seule, avec lui et moi.
    Silencieusement, j'ai beaucoup parlé, beaucoup voyagé. Des souvenirs épars, en vrac, de voix, de situations, de sourires, qui m'ont fait oublier ces derniers mois, si difficiles, surtout pour lui, je m'en rends compte.
    Les derniers Noël et Jour de l'An avec lui, même s'il l' avait oublié ensuite, même si, sur le coup, j'ai un peu râlé d'être loin de chez moi, si loin. Finalement contente de les avoir passés, ces fêtes, avec  papa, mon fils aîné, ma tante et mes cousines. Une dernière fête familiale comme il les aimait, même si parfois il râlait, presque par habitude, pour respecter son image de mauvais caractère!
    Des images de plage me revenaient alors que j'étais installée dans ce fauteuil près de papa qui partait tout doucement. Je revoyais le sportif qu'il était: un souvenir "idiot" me revenait. Papa était en partie chauve et avait décidé un jour de faire bronzer son crâne. Il avait lu que l'huile d'olive, avec un peu de vinaigre, en bref une vinaigrette lui avait dit maman (mais il ne connaissait absolument rien en cuisine) , donc cette "sauce" permettait de bronzer vite et bien. A souligner qu'au Maroc où nous vivions, ce n'était pas difficile. Mais comme c'était un original têtu, il a fallu en passer par la friction de son crâne à la vinaigrette...Ce qui a donné un bronzage efficace mais après un coup de soleil mémorable...Il n'a plus jamais recommencé et nous obligeait à porter casquettes et chapeaux ensuite...
    Autre souvenir. Je revenais de vacances de France. J'avais une dizaine d'années et mes parents m'attendaient à l'aéroport de Rabat. Papa ,à la suite d'une grave opération, avait la jambe dans le plâtre et marchait avec des béquilles.Mais il courait dans le hall de l'aéroport, tellement il était impatient de me voir. Maman ne pouvait pas le suivre et les gens qu'il bousculait sans trop de ménagement, le regardaient avec étonnement. C'est un des premiers jours où je me souviens m'être dit: "Mais il m'aime"....Car on n'est pas trop démonstratif, dans la famille...Ce mélange judéo-islamo-chrétien qui pousse à la retenue devant les autres mais qui n'empêchent pas les sentiments, l'amour et l'affection...On le prouve autrement.
    De même, je revois le médecin, après une anesthésie qu'avait subie papa, demander à maman comment elle s'appelait. Etonnée, elle lui demanda le pourquoi de sa question, surtout face à la gêne du médecin quand il apprit qu'elle s'appelait Isabelle."En fait, pendant l'opération, votre époux appelait Dominique". Soulagée de ne pas entendre le prénom d'une maîtresse cachée( possible...mais que est sans défaut?), elle lui dit que c'était sa fille. "Il doit l'aimer", lui répondit le médecin. Cette fois encore, je me suis dit que oui, il devait m'aimer. De même que le jour où il m'a avoué qu'il ne concevait pas une vie sans enfant, ni sans petits-enfants. J'en ai été surprise. Je ne m'étais pas rendu compte de cet attachement.
    Il n'a pas été un père ni un homme sans défaut: il a simplement été un homme et mon père. J'ai parfois râlé après lui, surtout les derniers temps et je le regrette sincèrement. Mais je l'ai aimé profondément, en connaissant ses défauts et ses qualités.
    Je lui dois mon amour de la lecture, du Maroc, ma soif d'apprendre, mon imagination parfois débordante. J'ai vu papa faire des projets jusqu'à la fin de sa vie, et les plus fous, comme vivre dans un château médiéval, faire le tour du monde, acheter une voiture à plus de 90 ans (là, on a freiné de toutes nos forces!). De lui doit me venir mon besoin de faire du sport ( sûr, cela ne vient pas de maman que je n'ai jamais vu  courir malgré son passé militaire brillant !), ainsi que mes rapports particuliers avec la réalité qu'on me reproche souvent.
    C'est aussi de lui que je dois tenir à la fois cette difficulté à jeter les choses et paradoxalement, ce refus de la société de consommation, ce refuge dans le rêve, compensé en partie par l'esprit pratique de ma mère...d'où conflit...On est le fruit de  nos parents, notre expérience, notre entourage passé et présent, nos bonheurs et nos malheurs. Je crois de plus en plus à l'aspect génétique de l'héritage, sans pour autant nier l'aspect éducatif et affectif, mais....
    C'est à lui, mon père, que je dois de connaître la vie très voyageuse de nos ancêtres, certainement déformée par son imagination, puis par la mienne, mais qui me donne l'impression, à moi qui en manque, d'avoir tout de même des racines, même si elles sont dispersées de par le monde.
    Je continuerai à l'entendre "parler fort",me répondre au téléphone en criant parce qu'il n'entendait pas bien. Je continuerai à le voir sourire, à l'entendre me parler de sa "petite soeur" (disparue trop tôt dans un accident de la circulation et qu' il m'avoua être une des rares personnes à l'avoir fait pleurer), à me raconter son service militaire et sa guerre (maintes fois répétés). Ses histoires que je connaissais par coeur me manquent déjà. Son Marrakech d'avant n'est plus qu'une image. Je garde précieusement son Ouissam Alaouite, décoration marocaine remise par le roi du Maroc, dont il était d'autant plus fier que son père et son grand-père l'avaient également reçue...Il me disait que j'étais la première génération à ne pas l'avoir...Ce n'était même pas un reproche, juste une constatation. Mais il est vrai, ajoutait-il, j'étais une fille...Et oui, il était un peu misogyne, papa. C'était son personnage, son époque...Je ne l'imagine pas autrement, lui qui cependant était très conscient de l'importance des études, tant pour l'enrichissement personnel que pour le travail ( surtout pour les garçons...disait-il). Il était cependant très fier des études de sa fille(moi!!) et de ses petits-enfants,garçons et fille, qu'il admirait et dont il parlait toujours avec fierté, parfois en embellissant la réalité de façon involontaire, juste parce qu'il nous aimait, c'est tout.
    Je me dis, comme mon fils aîné me l'a dit, qu'il doit bien rire avec mamie de certaines de nos aventures. Il a retrouvé sa petite soeur, ses parents et grands-parents dont il parlait souvent à la fin de sa vie, ses animaux perdus et qui lui manquait.
    Qu'il soit rassuré, on s'occupe de ceux qu'il a laissés. On pense à lui, on retournera à Marrakech et on continue à l'aimer.